L’éducation positive du chien : principes et bienfaits

Cela fait maintenant des années que les mentalités et les manières de travailler ont beaucoup évolué en matière d’éducation canine.

Cela engendre d’ailleurs de nombreux désaccords au sein même de cette profession qui est la mienne. Méthode traditionnelle, méthode positive, qui a raison, qui a tort ?

Vous me permettrez de ne pas m’immiscer dans cette polémique qui fait rage, dans ces débats sans fin qui, au fil du temps, ne font malheureusement que brasser de l’air et n’apporte, à mon sens, aucune perspective d’évolution ou de paix.

Je vous propose un zoom sur ce qu’est l’éducation positive en expliquant les principes généraux, les bienfaits de cette méthode mais aussi, parce qu’il y en a toujours, ses limites.



Qu’est-ce que l’éducation positive ?

Pendant de nombreuses années, une seule et même méthode était proposée aux propriétaires de chien qui voulaient des pistes pour éduquer leur toutou. On parlait alors de domination, de soumission ou encore de chef de meute ou mâle alpha.

Depuis plusieurs années maintenant, une autre méthode voit le jour, plus adaptée aux chiens domestiqués et non plus basée sur des études réalisées sur des chiens sauvages. On se rend alors compte que la douceur, le respect, la compréhension de son chien ainsi que la cohérence et la justesse sont des points essentiels en termes d’éducation, de rééducation et de comportement.

On parle alors de construire une relation pour rendre la cohabitation entre un maître et son chien plus harmonieuse et agréable.

On remarque ainsi, avec l’utilisation de cette méthode, qu’il est beaucoup plus efficace de renforcer et récompenser ce qui est bien, plutôt que sans cesse pointer du doigt les erreurs commises. On joue davantage sur la motivation que sur l’inhibition.

Lors d’une séance d’éducation, on viendra donc renforcer les bons comportements et ignorer les mauvais. En procédant ainsi, on invite et on motive notre chien à reproduire un comportement qui lui a déjà apporté une conséquence positive dans le passé.

Ainsi, on évite que le chien obéisse par crainte et soit sans cesse dans l’évitement d’une sanction mais plutôt dans la recherche d’une récompense.

Les personnes réfractaires à cette méthode diront que la friandise, la knaki ou le morceau de jambon ça va deux minutes mais on aimerait bien que notre chien nous écoute sans qu’il y ait de la nourriture en face. Et bien, je répondrai simplement qu’une récompense ne signifie pas forcément friandise. Renforcer positivement le comportement de son chien, c’est aussi le récompenser par une caresse, une séance de jeu ou une simple parole apaisante et positive pour lui.

La notion de récompense

Je vous propose d’ailleurs une petite aparté sur ce qu’est une vraie récompense. De manière générale, un chien sera récompensé simplement en obtenant ce qu’il souhaite. Vous voyez, c’est simple. Une récompense n’est pas nécessairement quelque chose d’exceptionnel, ce n’est pas nécessairement une friandise super appétente. Le simple fait d’ouvrir la porte à un chien qui attend devant, en étant assis et calme, est une récompense en soi.

De plus, il est important de toujours bien observer son chien pour savoir quelle récompense est adaptée et quelle récompense lui fera énormément plaisir. Si vous caressez un chien pour le féliciter alors qu’il n’aime pas forcément les contacts, cela n’aura aucun impact positif pour lui et il ne souhaitera donc pas réitérer le comportement que vous avez « récompensé ».

Ou encore, un chien qui n’est pas très gourmand ne sera pas très réceptif à cette félicitation et préféra peut-être une petite séance de jeu pour se défouler.

A vous de bien observer votre chien, ses attitudes et ses réactions afin de bien cibler la récompense qui sera la plus efficace.

Tout cela pour vous dire que l’éducation positive n’est pas nécessairement synonyme de friandises. Moi même, je n’ai pas en permanence un clicker et une pochette de friandises sur moi, et pourtant je récompense mon chien et je renforce positivement ses bons comportements tous les jours, à chaque fois qu’il fait ce que j’attends de lui. Je lui parle, je lui permets d’obtenir ce qu’il souhaite, je le caresse, je le fais jouer, etc.

Les limites de l’éducation positive

Parlons maintenant des limites de cette méthode. Car comme dans toutes manières de faire, comme dans toutes approches, il y a des avantages mais aussi des inconvénients.

Je parlerai ici des « pro-positif », des « extrémistes du renforcement positif » ou des « obstinés du click ». Non pas qu’ils aient complètement tort, non pas que je juge une méthode ou une autre. Mais il me semble que dans n’importe quel milieu, n’importe quel contexte, les attitudes extrêmes sont dangereuses.

Je m’explique : je lis et j’entends souvent le raccourci suivant : une méthode positive signifie aucune punition, même pas le simple mot « non ». Là je dis stop et soyons fou, je dis « non » car, selon moi, lorsque l’on parle de méthode positive, la punition ne peut pas être exclue.

Le fait d’avoir un animal de compagnie induit nécessairement le fait de vivre avec lui, de cohabiter avec une espèce qui ne fonctionne pas de la même manière. Il est donc normal et indispensable de mettre en place des règles et poser certaines limites pour que cette cohabitation soit harmonieuse et ne devienne pas un enfer.

Et ce n’est pas parce que je pose des limites à mon chien que je ne suis pas dans une éducation positive, bien au contraire. Tout comme nous, les chiens ont besoin de repères et de limites pour être bien dans leurs pattes et équilibrés.

A travers cette méthode positive, le maître se transforme en guide, en accompagnateur. Il devient l’être de référence, auquel son chien peut se fier, car il sait ce qui est bon ou pas pour lui. Le maître va venir sécuriser, contrôler et gérer les comportements de son chien pour lui permettre d’évoluer et non plus pour le brider. Et pour ce faire, certaines punitions, qu’elles soient positives ou négatives (sans violence ou maltraitance bien évidemment) me semblent nécessaires et cohérentes dans l’évolution que l’on souhaite à son chien.

Je finirai avec ce qu’est pour moi l’un des grands bienfaits de l’éducation positive, à savoir la permission d’apprendre et d’obéir par coopération, par envie et par motivation et non plus par crainte. Cette nuance a un impact inouï sur la relation que l’on entretient avec son chien.

Clémentine Turgot
Educateur canin comportementaliste Nature de Chien
www.naturedechien.fr

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