Hyper attachement chez le chien : symptômes et solutions

L’hyper attachement se traduit souvent par des destructions ou des malpropretés en l’absence des maitres.

L’étape de détachement

Pour bien comprendre ce trouble, il faut comprendre comment le détachement s’opère de manière naturelle avec la mère.



A l’état naturel, la mère effectue un détachement quand les chiots atteignent l’âge de 4 mois environ. Ce détachement est nécessaire pour que les chiots deviennent adultes et s’attachent à tous les membres de la meute.

Ce détachement se fait de manière progressive :

  • pour la téter, les chiots, avec leurs dents, vont commencer à faire mal à la mère qui va progressivement les repousser.
  • La mère va également commencer à interdire la couche.
  • L’attitude de la mère sera plus dure, elle considérera les chiots petit à petit comme des adultes à part entière.
  • La mère interdira progressivement les contacts juvéniles.

Oui mais voilà, un chiot, de manière légale, est « adoptable » dès l’âge de 2 mois. De fait, lorsque vous adopté un chiot à cet âge, il n’a pas encore effectué ce détachement avec sa mère. Il va donc automatiquement s’attacher à un membre de la famille d’adoption. C’est ce qui s’appelle le second attachement primaire.

Et oui, vous êtes alors le second être d’attachement de votre toutou. Grand responsabilité n’est-ce pas ?

Le second attachement primaire

Dans les premières semaines, cet attachement se doit d’être renforcé pour permettre au chiot de se sentir en sécurité à vos côtés et dans sa nouvelle famille. Mais attention ! Tout comme à l’état naturel, vous allez devoir opérer un détachement progressif pour permettre au chiot de développer son indépendance et donc pour lui permettre d’être équilibré et surtout de ne pas développer ce que l’on appelle donc un hyper attachement et, de fait : une anxiété de séparation.

Alors l’anxiété de séparation, qu’est-ce que c’est ?

Les symptômes

Voyons comment détecter une anxiété de séparation en listant les symptômes :

  • le chiot est anxieux quand il est seul. Pour lui, c’est en étant avec son être d’attachement (=vous) qu’il peut être en sécurité et uniquement avec vous.
  • Vos vêtements ou tout autre objet ayant votre odeur (canapé, télécommande, etc.) sont systématiquement détruits lors de vos absences. Et oui, sachant que le premier sens développé du chien est son odorat et que sa première activité lors de votre départ sera de vous chercher : il va chercher votre odeur et c’est pour cette raison que souvent, ce sont les vêtements, les chaussures ou le canapé qui auront tendance à être détruit ou déplacé. Ne voyez pas cela comme une vengeance, le chien ne fonctionne pas ainsi, il vit dans l’instant présent. Il vous cherche : il vous trouve (ou du moins votre odeur) alors il en profite.
  • Votre choit pleure et émet des vocalises lorsque vous partez. Ce comportement permet de vous appeler, comme il le ferait avec sa mère.
  • Vous retrouvez des accidents : votre chiot peut devenir malpropre car il ne contrôle pas ses émotions. Cela peut être des urines ou même des diarrhées souvent placées de manière aléatoires.
  • Votre chien a toujours des attitudes très juvéniles : appel au jeu, léchages, attitudes de soumission, gémissements, etc.
  • Votre porte est abîmée par les grattements de votre chien.
  • Enfin, il n’est pas rare d’observer des activités de substitutions c’est à dire des léchages excessifs d’un membre, soient pour palier à l’anxiété.

Il est très important d’identifier ce trouble le plus tôt possible pour pouvoir le régler rapidement. J’entends énormément de maîtres me dirent : « mon chien m’adore tellement qu’il me suit partout, même jusqu’aux toilettes ». Alors, certains trouveront ça adorable, moi je trouve cela très problématique.

Attention à ne pas renforcer inconsciemment ce trouble ! Un chien doit pouvoir être indépendant, ne pas être anxieux lorsque vous partez et gérer ses émotions. Si ce n’est pas le cas, réagissez vite car votre chien n’est pas heureux. Les maîtres recherchent parfois à combler un manque affectif et ne réalisent pas le mal être de leur chien !

Que faire en cas d’hyper attachement ?

Alors voyons maintenant comment faire pour éviter ce problème ou encore pour le corriger si certains symptômes ont commencé à pointer le bout de leur nez !

  • Soyez à l’initiative des contacts. Je m’explique : si votre chien vient régulièrement vous voir pour se faire caresser, désormais, ignorez-le, attendez qu’il passe à autre chose et ensuite appelez-le pour le caresser. Il comprendra alors que c’est vous qui décidez de ces temps privilégiés. Attention ignorez qu’est-ce c’est ? C’est ne pas le regarder, ne pas le toucher et ne pas lui parler.
  • De même pour les séances de jeux : à vous de décider du début et de la fin de l’activité
  • Instaurez des pièces interdites : ne laissez pas votre chien vous suivre partout ! Par exemple, ne le laissez pas aller dans votre chambre. Dites-vous bien que l’apprentissage de la solitude commence d’abord en votre présence. Votre chien doit pouvoir gérer le fait d’être dans une pièce différente de vous.
  • Supprimez vos rituels de départ et d’arrivée. Ignorez votre chien avant de partir (pendant 15 minutes environ avant le départ). Ne lui dites pas « au revoir » « ne fais pas de bêtises hein » « je reviens vite » « tu restes là » car votre chien ne comprend pas ce que vous êtes en train de lui dire. En revanche, il ressent votre stress et de ce fait : stress lui aussi. Donc ignorez le, faites comme si vous partiez chercher le courrier à la boîte aux lettres, sans stress ! Et faites de même lorsque vous revenez chez vous : prenez le temps d’enlever votre manteau, posez vos clés, votre sac, etc. et ensuite appelez votre chien pour lui dire bonjour.
  • Attention ! Les chiens passent leur temps à nous observer, anticiper nos actions et réactions. Ils lisent en nous comme dans un livre ouvert. Essayez alors de les déconditionner : mettez votre manteau et vos chaussures sans forcément partir, faites du bruit avec vos clés, etc. Montrez à votre chien que ces actions n’engendrent rien, elles sont normales et ne doivent pas faire monter en lui une anxiété particulière. C’est en réalité la répétition de toutes ces actions qui banaliseront complètement les « vrais départs ».
  • Parlons de la règle du « pas vu, pas pris » : si en votre absence, votre chien a été malpropre ou a fait des dégâts, ne le punissez pas. Rappelez vous que le chien vit dans l’instant présent, il ne comprendra donc absolument que cette punition est liée à sa bêtise d’il y a une heure par exemple. Il verra simplement en vous une confusion, une incompréhension.
  • Pensez à rendre vos départs positifs pour votre chien : laissez lui un jouet avec des friandises à l’intérieur ou un jouet qu’il affectionne particulièrement. Surtout, il ne faut pas que ce jouet soit en « libre service » tout le reste du temps. Il faut que ce jouet prenne de la valeur, ne le sortez que pour des occasions particulières !
  • Si c’est possible pour vous : réduisez son espace lors de vos absences, ne lui laissez pas un libre accès à toute la maison, cela le stressera davantage. Si vos absences ne dépassent pas 4 heures : je vous conseille même une caisse de transport à la maison. Prenez là suffisamment grande pour que votre chien puisse y être debout, qu’il puisse se retourner et éventuellement que vous puissiez y installer une gamelle d’eau lorsqu’il fait très chaud. Cette pratique peut paraître malveillante voire maltraitante mais c’est tout le contraire. Bien entendu, il ne faut pas laisser un chien dans une caisse plus de 3 ou 4 heures maximum ! Vous verrez : à terme, même ouverte, votre chien ira spontanément dans cette caisse, il s’y sentira en sécurité et il l’assimilera à son panier. Cependant, un travail est nécessaire pour rendre cet endroit agréable pour le chien, tout comme on le ferait pour un panier dans le salon. N’hésitez pas à cacher des friandises dedans, lui mettre à l’intérieur un coussin très confortable, etc.

Pour finir, l’utilisation de l’Apaisine peut aussi aider à régler ce problème en parallèle des différents points que je viens de vous citer. L’Apaisine est une substance sécrétée par la mère qui a pour but de rassurer les chiots et de créer l’attachement. Cela aide donc à rétablir l’équilibre émotionnel du chiot. Parlez en à votre pharmacien ou votre vétérinaire, cette substance existe en collier ou en diffuseur pour la maison.

Vous voilà maintenant d’attaque pour éviter ce problème si vous venez d’adopter un chiot ou pour le régler si jamais votre chien a déjà développé ce trouble.

Clémentine Turgot
Educateur canin comportementaliste Nature de Chien
www.naturedechien.fr

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