Réussir la cohabitation du chien avec d’autres animaux

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La cohabitation entre plusieurs espèces fait rêver beaucoup d’amoureux des animaux. On aimerait tous (ou presque) pouvoir recréer une vraie arche de Noé dans son jardin et que tout se passe correctement.

Oui mais voilà, de manière très concrète, c’est parfois plus compliqué que prévu de réussir à créer une colocation agréable entre plusieurs espèces.

Pourquoi la cohabitation peut-elle s’avérer compliquée ?

Tout simplement parce que ce sont justement des espèces différentes qui n’ont pas les même codes, qui ne fonctionnent pas de la même manière et qui, à l’état naturel, ne sont absolument pas faites pour cohabiter ensemble.

Heureusement pour nous (ou malheureusement pour eux peut être), l’Homme est passé par là et a entrepris un travail de domestication de plusieurs espèces avec plus ou moins de succès pour certaines. On pourra donc voir régulièrement dans les foyers, cohabiter lapins, poules, chats, chiens, chevaux et furets ensemble par exemple.

Mais comment faire pour que cette cohabitation se passe du mieux possible ? Voici quelques astuces et conseils pour y parvenir ! C’est parti :



Les clés d’une cohabitation réussie

Tout d’abord, si vous adoptez un chiot, le travail sera beaucoup simple qu’avec un chien adulte qui aura déjà pris de bonnes ou mauvaises habitudes envers d’autres espèces.

Faire vivre des contacts positifs au chiot

Pour ce qui est des chiots, ils passent, lors de leurs phases de développement, par une phase appelée l’imprégnation et notamment l’imprégnation interspécifique. Mais alors l’imprégnation interspécifique, qu’est-ce que c’est que ce mot super compliqué ? Et bien, c’est lorsque votre chiot apprend à vivre en présence d’autre espèces que la sienne. Notez d’ailleurs que l’Homme est considéré comme une espèce différente. Alors si votre chiot est capable de s’adapter à votre présence, il sera tout aussi capable de s’adapter à la présence d’un chat, d’un lapin ou d’un furet par exemple. Le tout est d’habituer votre toutou dès tout petit à vivre en colocation avec d’autres animaux. N’oubliez pas que le chien apprend notamment par habituation et immersion avant tout.

De plus, il faut toujours veiller à ce que votre chiot vive de bonnes expériences auprès d’autres animaux afin qu’il ne développe pas d’agressivité ou de crainte envers eux. Il faut toujours que les contacts soient positifs, notamment lors de cette phase de développement, jusqu’à ses 12 semaines.

Le choix de la race

Lorsque l’on souhaite faire cohabiter un chien avec d’autres espèces, il est important et utile de se renseigner sur les races adaptées et surtout les races à proscrire. Je pense notamment aux chiens de chasse si vous avez des petits animaux (poules, lapins, furets, etc.) car ces chiens ont souvent un fort instinct de poursuite et pourraient vite considérer vos animaux comme des proies.

De même si vous avez des troupeaux de moutons ou de chèvres par exemple et que vous n’avez absolument pas envie de travailler la conduite de troupeau avec votre chien, je vous déconseille alors de choisir un chien de typer berger qui n’aura qu’une envie : regrouper !

Et oui, le choix de la race de votre chien, ce n’est pas rien, ce n’est pas à prendre à la légère. Pour la petite anecdote, une de mes clientes m’a dit un jour : je ne savais pas que mon BERGER australien était un chien de berger … A partir de là, on peut tout entendre et tout voir. De ce fait, je vous mets vraiment en garde quant au choix que vous faites concernant la race de votre futur compagnon de vie.

Si, à l’inverse, vous avez déjà des animaux et que vous souhaitez adopter un chien, qui plus est, adulte, je vous recommande davantage un travail sur le renoncement.

L’apprentissage du renoncement

L’apprentissage du renoncement permettra de stopper une action en cours ou une intention de faire, de la part de votre chien, envers les autres animaux qu’il pourrait considérer, je le rappelle, comme des proies ou même des jouets. C’est grâce à l’indication du « tu laisses » que vous réussirez à apprendre le renoncement à votre toutou. Cette technique permet d’apprendre à votre chien à stopper un comportement ou une intention de faire et donc, cela lui apprend en prime la gestion de ses états d’excitation, la gestion de sa frustration ainsi que les auto-contrôles, que du bonheur !

Notez néanmoins que pour des chiens adultes, voire âgés, il sera compliqué de les « déconditionner » ou de les rendre complètement non réactifs face à certaines espèces.

De plus, cela dépend aussi et surtout de la réaction de l’animal que votre chien a en face de lui. Je vous donne un exemple tout bête : Mon chien adore les chats, il pourrait les regarder, les observer, que dis-je : les admirer toute la journée, en revanche, lorsqu’il se retrouve face à un chat qui a peur et qui part en courant, il reste un chien et de ce fait, court à son tour après le chat qui tente de fuir. Cela reste un comportement tout a fait naturel et normal pour un chien.

Répondre aux besoins de votre chien

Un point à soulever également, et qui me semble essentiel : la réponse aux besoins de votre chien ! Et oui, dépensez votre chien si vous voulez qu’à la maison il soit calme et qu’il n’embête pas les autres animaux. Après tout, un chien épuisé est un chien qui dort. Accordez donc du temps à votre toutou, faites de longues balades en dehors du jardin, en liberté ou en longe de 10 mètres par exemple si vous n’avez pas la possibilité de le lâcher, jouez avec votre toutou. En clair : fatiguez-le, répondez à son besoin de dépense quotidienne afin qu’il ne dépense pas son énergie à courir après les autres animaux de la maison car il n’aura finalement trouvé que cette activité pour se défouler.

L’importance du partage des ressources

Et pour finir, parlons du partage des ressources, c’est une notion très importante lorsque l’on a plusieurs animaux à la maison.

Première ressource importante : l’espace. Chaque individu, canin, félin ou quel qu’il soit, devrait avoir « sa place » chez vous, ce que l’on appelle une zone refuge. Cela vous permettra, lorsque vous sentez une tension s’installer, d’envoyer chaque animal à sa place dans un premier temps. Puis, lorsque votre chien aura bien assimilé sa place comme une zone d’apaisement, il finira par s’y rendre seul dès lors qu’il se sentira irrité par une situation.

De même pour la nourriture, qui est l’une des principales ressources du chien. Il est indispensable d’apprendre à votre chien la « non réactivité » lorsqu’un individu s’approche de sa gamelle. Pour se faire, n’hésitez pas à rajouter des friandises dans sa gamelle lorsqu’il mange afin qu’il assimile la présence d’un individu à quelque chose de positif.

Si vous avez un chat, je vous invite à installer croquettes et litière en hauteur, cela évitera de tenter votre chien et d’irriter votre chat. J’ajoute d’ailleurs que si vous avez un chat, laissez lui toujours la possibilité de fuir lorsqu’il est dans la même pièce qu’un chien. Vous pouvez d’ailleurs interdire certaines pièces de la maison à votre chien comme l’étage par exemple afin que votre chat puisse y trouver la paix.

Vous l’aurez compris, la cohabitation entre plusieurs animaux n’est pas chose simple. La réussite réside dans la patience, la cohérence et le respect de chaque individu. Vous devez être patient car parfois, il suffit juste d’un peu de temps pour que chaque espèce finisse par tolérer la présence de l’autre.

Clémentine Turgot
Educateur canin comportementaliste Nature de Chien
www.naturedechien.fr

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