Une étude publiée le 6 octobre 2026 dans npj Dementia (Nature) a examiné le cerveau de 24 chiens de plus de 8 ans pour la première évaluation complète utilisant les critères de classification employés chez l'humain. Résultat : les chiens âgés étudiés présentent des dépôts de protéine amyloïde (Aβ) dans des régions cérébrales également touchées par la maladie d'Alzheimer.
Des plaques amyloïdes, mais pas d'enchevêtrements complets
L'équipe dirigée par Julie Moreno, neurotoxicologue à l'Université d'État du Colorado, a appliqué aux cerveaux canins les classifications Thal, Braak et CERAD utilisées en médecine humaine.
Les analyses ont révélé que 100 % des chiens présentaient des dépôts de protéine bêta-amyloïde (Aβ) dans le néocortex et 87,5 % dans l'hippocampe.
Les analyses quantitatives ont montré une charge amyloïde plus élevée chez les chiens présentant un déclin cognitif, l'âge étant le facteur le plus fortement associé à l'accumulation régionale d'Aβ (source : npj Dementia).
Cependant, contrairement à ce qu'on observe dans la maladie d'Alzheimer humaine à un stade avancé, aucun des chiens examinés ne présentait de plaques névritiques (stade CERAD C0).
Les lésions de protéine tau étaient limitées à des marquages précoces (pTau181), correspondant à des « pré-enchevêtrements », et non à des enchevêtrements complets. Il ne s'agit donc pas des mêmes lésions qu'Alzheimer, mais de similitudes dans les dépôts amyloïdes précoces.
Des analyses complémentaires encore limitées
Les taux plasmatiques de GFAP, une protéine gliale, ont montré une corrélation exploratoire avec les dépôts amyloïdes, un résultat que les auteurs jugent à confirmer. Le niveau de GFAP ne différait pas significativement entre chiens atteints et non atteints.
L'étude présente plusieurs limites : elle repose sur 24 cerveaux, les analyses plasmatiques n'ont concerné que 14 chiens, et le déclin cognitif a été évalué par un questionnaire rempli par les propriétaires.
Les dépôts amyloïdes chez le chien âgé étaient déjà connus : l'apport de cette étude est d'appliquer, pour la première fois, l'ensemble des critères de classification utilisés chez l'humain. Ce travail conforte l'idée que le chien de compagnie peut servir de modèle naturel pour étudier les stades précoces de la maladie d'Alzheimer et tester de futurs traitements.
Pour en savoir plus, lisez nos articles sur le syndrome de dysfonctionnement cognitif chez le chien et sur le risque de démence qui augmente dès 10 ans.
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