
Ce berger belge malinois de six ans et demi, ancien chien de défense et de recherche de stupéfiants de l'unité cynophile de Rochefort (Charente-Maritime), devait être piqué à 16 heures à Bordeaux. Mais un référé liberté (une procédure d'urgence) déposé par le refuge Les Amis des bêtes de Royan et la Confédération de défense animale a obtenu un sursis. Retour sur une affaire qui a mobilisé l'opinion publique.
Un chien sauvé deux fois
L'histoire d'Hermès commence en octobre 2021. Recueilli à 15 mois par le refuge royannais Les Amis des bêtes, il est repéré par la gendarmerie qui l'intègre dans son équipe cynophile de Rochefort. Brillant lors de sa formation au centre national d'instruction cynophile de Gramat, il devient rapidement la « mascotte » de la gendarmerie de Charente-Maritime sur les réseaux sociaux.
Mais ce mâle dominant supporte mal la vie en chenil. Contrairement aux chiens des douanes qui vivent chez leur maître, ceux de la gendarmerie restent à l'unité. Hermès mord trois militaires entre décembre 2022 et octobre 2025, dont une gendarme à qui il sectionne le pouce. Il est écarté du service. Depuis un an, il ne travaille plus.
Un sursis par la voie judiciaire
Le refuge et la Confédération de défense animale déposent en urgence un référé liberté auprès du tribunal administratif de Bordeaux. Deux heures avant l'intervention prévue, la gendarmerie accepte de suspendre l'euthanasie en attendant la décision de justice.
Selon Sud Ouest, le bilan comportemental de décembre 2025 recommande la réforme du chien et son adoption par son maître actuel, sous conditions strictes (port de la muselière, suivi vétérinaire). Le document précise qu'il n'exclut pas un risque de réitération. Lors de la consultation, le malinois a présenté un comportement équilibré et s'est montré très obéissant. Une pétition mise en ligne par le refuge a recueilli près de 22 000 signatures, selon Ouest-France.
La gendarmerie estime les risques trop importants. La présidente du refuge, Mélanie Martry, rédige avec la Confédération de défense animale des courriers pour demander à la gendarmerie de céder le chien au refuge. « Il y a d'autres options que l'euthanasie », assure-t-elle. Une audience au tribunal administratif doit être programmée prochainement.
Pour en savoir plus sur le comportement des chiens, consultez notre article Chien agressif : pourquoi et que faire ?
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