Les glucides sont des nutriments apportés par l’alimentation du chien. Quels sont leurs rôles ? Sont-ils indispensables pour le chien ? Dans quels aliments se trouvent-ils ?

Qu’est-ce qu’un glucide ?

Dans le langage courant, on a tendance à assimiler les glucides aux sucres. La réalité est en fait un peu plus nuancée.

La vaste famille des glucides regroupe les glucides simples (autrefois appelés les « sucres rapides ») et les glucides dits complexes (anciennement appelés les « sucres lents ») qui eux-mêmes regroupent l’amidon et les fibres. Leur point commun est d’être constitués d’unités structurelles qu’on appelle les oses, des molécules unitaires de plusieurs atomes de carbone. Les oses (les molécules unitaires) les plus répandus sont le glucose, le fructose, le galactose et le mannose.

A savoir !

Les anglo-saxons appellent les glucides « les hydrates de carbones ».

Les glucides simples

Les glucides simples sont des petites molécules composées de 1 ose (monosaccharides) ou de 2 oses reliés entre eux (ils sont aussi appelés les disaccharides ou diholosides).

Les disaccharides les plus connus sont par exemple :

  • Le saccharose. C’est le composé du sucre de table blanc et raffiné issu de la betterave ou de la canne à sucre. Il est constitué de 2 oses reliés entre eux : le galactose et le glucose.
  • Le lactose. C’est le « sucre » du lait. Il est composé également de 2 oses liés entre eux : le galactose et le glucose.

Pour être digérés, les disaccharides (2 oses) nécessitent l’action d’une enzyme qui va venir couper la liaison entre les deux oses pour les libérer et les rendre ainsi « disponibles » pour être assimilés au niveau de l’intestin.

Comme le nombre de ces liaisons à couper est faible dans les cas des glucides simples, leur digestion est relativement rapide. C’est pour cette raison qu’autrefois, on les appelait les « sucres rapides » car ils avaient la réputation de « passer rapidement dans le sang ». Aujourd’hui, on préfère à cette notion de « sucre rapide », celle de glucide « à index glycémique élevé », plus précise et plus nuancée, car on sait désormais que la vitesse d’absorption des « sucres » ne dépend pas que de la nature du glucide en question.

Les glucides complexes

Comme leur nom l’indique, les glucides complexes sont de grandes molécules composées de plus de 2 oses. En fonction du nombre d’oses constitutifs, ils sont classés dans deux familles : les oligosaccharides (de 3 à 9 oses) et les polysaccharides (très grandes molécules de plus de 9 oses)*.

Les oligosaccharides

Les oligosaccharides (ou oligosides) sont donc des molécules composées de 3 à 9 oses (ou 14 oses selon les classifications).

Parmi ces oligosaccharides, on compte les fibres solubles telles que les fructo-oligosaccharides (ou FOS) apportées principalement par les aliments d’origine végétale. Ces fibres ne sont pas digérées par le chien et ne font donc pas partie des glucides assimilables par l’organisme du chien (elles n’apportent pas de « calories » dans la ration alimentaire contrairement aux autres glucides assimilables). Les fibres sont néanmoins utiles, quand elles sont apportées en quantité raisonnable, pour améliorer le confort digestif de l’animal en texturant ses selles.

Les polysaccharides

Les polysaccharides sont des grandes molécules constituées de plus de 9 oses (ou de 14, selon les classifications).

On classe ainsi la cellulose (fibres insolubles) et l’amidon parmi ces polysaccharides car il s’agit de très grande molécule composée de plusieurs centaines à plusieurs milliers de molécules d’oses (de glucose, plus précisément concernant l’amidon).

Pour être digéré, l’amidon doit être « découpé » en unités de glucose capables d’être absorbées dans l’intestin. Chez l’Homme, ce « découpage » se fait à deux moments de la digestion. Un premier « pré-découpage » se fait lors de la mastication des aliments à l’aide d’une enzyme qui se trouve dans la salive : l’amylase salivaire. Un deuxième « découpage » se fait au niveau de l’intestin où une autre enzyme, l’amylase pancréatique, qui vient « terminer le travail » de l’amylase salivaire. Chez le chien, l’amylase salivaire n’existe pas et l’intégralité du « découpage » de l’amidon doit être réalisé par l’amylase pancréatique au niveau de l’intestin. Pour cette raison, quand les quantités d’amidon apportées par l’alimentation du chien sont trop importantes, les enzymes pancréatiques du chien se trouvent « débordées » et ne parviennent pas à dégrader l’intégralité des molécules d’amidon. Celui-ci n’est alors pas correctement assimilé et reste dans l’intestin où les bactéries en présence vont le faire fermenter. Cette fermentation est à l’origine de troubles digestifs chez le chien qui se manifestent par des ballonnements, des flatulences et/ou des diarrhées.

Autre point important : le découpage enzymatique ne peut avoir lieu que si les liaisons qui unissent les molécules de glucose entre elle sont accessibles pour l’enzyme. Or, ces liaisons sont plus accessibles lorsque l’amidon a subi une cuisson. Il est donc plus assimilable par l’organisme sous sa forme cuite.

A quoi servent les glucides chez le chien ?

Le rôle du glucose dans l’organisme du chien

Dans l’organisme du chien, il existe surtout un sucre, le glucose qui circule dans le sang. Ce glucose circulant a pour fonction principale d’apporter de l’énergie aux nombreuses cellules de l’organisme et notamment aux cellules du cerveau. Chez le chien en bonne santé, la concentration en glucose dans le sang (la glycémie) est régulée par deux hormones : l’insuline et le glucagon pour maintenir une glycémie stable, indispensable à la vie.

Chez le chien, ce glucose circulant peut être apporté directement les glucides assimilables présents dans son alimentation ou fabriqué par son propre organisme à partir des protéines qu’il consomme par un procédé physiologique qu’on appelle la néoglucogénèse. Et à ce titre, le chien peut donc tout à fait se passer de glucides dans son alimentation.

Le rôle des glucides assimilables de l’alimentation du chien

Les glucides assimilables pour le chien sont des glucides que le chien est capable de digérer et donc pour lesquels il possède les enzymes nécessaires à cette digestion. Les glucides assimilables par le chien sont les glucides simples et les polysaccharides tels que l’amidon. Cependant, chez le chien, les glucides simples (à l’exception du lactose chez le chiot non sevré) sont à éviter car ils entraînent des variations trop brutales des quantités de glucose dans le sang.

Tous les chiens ne sont pas égaux devant cette aptitude à digérer les glucides assimilables et cette aptitude varie au cours de la vie du chien.

Avant ses 4 semaines, le chiot possède l’enzyme qui lui permet de digérer le lactose présent dans le lait maternel mais pas celle qui lui permet de digérer l’amidon. A l’âge adulte, c’est l’inverse qui se produit : le chien ne possède plus de lactase, l’enzyme qui lui permet de digérer les « sucres » du lait mais il possède de l’amylase pancréatique, l’enzyme qui lui permet de digérer l’amidon.

Cependant, tous les chiens adultes ne digèrent pas l’amidon de la même façon. Ces aptitudes varient d’un chien à un autre et en fonction des races de chien. On sait par exemple que les chiens dits primitifs, plus proches du loup tels que les huskies sibériens, les chiens-loups tchèques … ont davantage de difficultés à digérer l’amidon. Il en est de même pour les races de chiens qui appartiennent aux races dites brachycéphales comme le Carlin, le Bouledogue Français, le Bulldog Anglais etc.

Les glucides assimilables, quand ils sont bien digérés, apportent de l’énergie au chien à raison de 3,5 à 4 Kcal/g de glucides et ont l’avantage de constituer une source d’énergie bon marché.

Le rôle des fibres alimentaires

Les fibres sont des glucides non assimilables. Non digérées par le chien, elles n’apportent pas, contrairement aux glucides assimilables, d’énergie sous forme de calories mais présentent l’avantage, quand elles sont apportées en quantité raisonnable dans l’alimentation, d’améliorer le confort digestif du chien.

Les fibres alimentaires sont de deux types. On distingue :

  • les fibres solubles (fructo-oligosaccharides ou FOS, pectine…) qui sont fermentescibles par les bactéries qui colonisent l’intestin du chien. Quand elles sont apportées en quantité raisonnable dans l’alimentation du chien, ces fibres améliorent l’irrigation du côlon et créent un environnement acide limitant le développement de certaines « mauvaises » bactéries. Un excès de fibres solubles peut en revanche provoquer des diarrhées ou tout du moins des problèmes de selles molles chez le chien.
  • les fibres insolubles (cellulose, hémicellulose…) qui ne sont pas fermentescibles par les bactéries de l’intestin du chien. Elles ne font que traverser son tube digestif et sont retrouvées telles quelles dans les selles du chien. Apportées en quantités raisonnables dans l’alimentation, elles ont l’intérêt de favoriser le transit intestinal et de stimuler le renouvellement de la muqueuse digestive. Apportées en excès, elles peuvent augmenter le volume des selles (et donc augmenter la fréquence du besoin de déféquer chez le chien) ou être responsables d’une inflammation du côlon.

Où trouve-t-on les glucides?

Dans l’alimentation du chien, les glucides sont principalement apportés par les végétaux.

Les fibres solubles et insolubles sont apportées par les légumes, les fruits et les céréales.

L’amidon est apporté par les céréales (maïs, blé, riz…), les légumineuses (lentilles, pois, soja, pois chiches…), les tubercules et les rhizomes tels que la pomme de terre ou la patate douce et certains fruits tels que les bananes.

Les sucres simples doivent être limités – voire absents – dans l’alimentation du chien. On les trouve dans les petits biscuits sucrés destinés aux humains, les carrés de sucre, dans les betteraves, dans les fruits et dans le lait… autant de produits dont il faut limiter la distribution au chien. Seul le chiot, pendant la période où il est allaité a besoin de sucres simples sous forme de lactose qu’il trouve dans le lait maternel ou maternisé.

Zoom sur les glucides des croquettes

Les croquettes ne contiennent pas de sucres simples mais des glucides complexes, principalement sous forme d’amidon apporté par les céréales, des légumineuses ou des pommes de terre. Les industriels ne savent pas faire sans ! L’amidon est technologiquement indispensable pour produire les croquettes. Et cela ne pose aucun problème si tant est que votre chien le digère correctement et qu’il est apporté en quantité raisonnable par les croquettes.

Le problème se pose donc pour les croquettes de mauvaise qualité qui apportent trop d’amidon (et parfois trop de fibres) dans la ration du chien. Cette ration trop riche en glucides complexes peut entraîner des problèmes digestifs chez votre animal et également un manque de protéines de bonne qualité nutritionnelle. En effet, là où il y a trop de glucides qui « occupent le terrain », il n’y a généralement pas assez de « bonnes » protéines intéressantes nutritionnellement, apportées par la viande ou le poisson.

Ne cherchez pas ce taux de glucides sur les étiquettes des croquettes que vous donnez à votre chien, cette information n’y figure pas (ou alors très rarement) parce qu’elle n’est pas (encore) obligatoire. Vous pouvez néanmoins estimer le taux de glucides assimilables présents dans les croquettes à partir des autres informations qui figurent sur l’étiquette dans la partie « composants analytiques » à l’aide de la formule suivante :

100 – %humidité – %protéines – %lipides – %minéraux – %fibres

Nous vous avons simplifié le calcul en l’intégrant à notre calculateur de ratio protido-calorique. Cependant, notez bien que ce taux de glucides assimilables calculé pris seul ne suffira pas à vous renseigner sur la qualité d’une croquette. Pour ce faire, il vous faudra prendre en considération l’ensemble des éléments détaillés dans notre article Quelles croquettes choisir pour mon chien ?.

Les glucides dans les pâtées industrielles

Pour fabriquer ces aliments industriels humides, on n’a technologiquement pas besoin d’amidon contrairement à la fabrication des croquettes. Les industriels n’ont donc en théorie pas besoin d’y ajouter des céréales ou des autres sources de glucides sauf s’ils veulent faire diminuer les coûts de production en ajoutant ces matières premières meilleur marché. Là encore, il y a de tout sur le marché : du bon comme du moins bon et il faut apprendre, en tant que consommateur, faire le tri en se fiant aux informations dont on dispose sur l’étiquette.

Quels sont les besoins du chien en glucides ?

Comme nous l’avons dit plus haut, le chien peut se passer de glucides dans son alimentation. Concernant les glucides assimilables complexes tels que l’amidon, il n’y a donc pas de valeur minimale à respecter pour le chien. Quant aux valeurs maximales, elles varient en fonction de la capacité du chien à digérer l’amidon et ne sont pas clairement fixées.

Pour l’alimentation industrielle, on sait seulement que 20 à 40% de glucides assimilables sur la matière sèche conviennent à la plupart des chiens, qu’un aliment industriel est considéré comme pauvre en glucides (« low carb ») quand il contient 30% ou moins de glucides.

Quant à l’alimentation ménagère, elle ne doit jamais apporter plus de riz (ou d’autres sources d’amidon) que de viande. Dans cette alimentation ménagère, le riz n’est en fait ajouté que pour compléter la ration en “calories” a peu de frais (le riz coûte moins cher que la viande) quand tous les autres besoins nutritionnels sont couverts par les autres aliments de la ration. Le régime “BARF” se passe en revanche de cette source d’amidon pour se rapprocher le plus possible du régime du loup, “l’ancêtre” du chien.

Concernant les fibres (les glucides non assimilables) les recommandations nutritionnelles font également état de valeurs maximales à ne pas dépasser : jusqu’à 2% de la matière sèche pour les fibres solubles et de 4 à 25% pour les fibres insolubles dont 1 à 15% de cellulose brute par rapport à la matière sèche.

* Cette classification n’est pas consensuelle et peut varier selon les sources. C’est la classification retenue dans le rapport de la WHO/FAO (1998) qui est présentée ici.

Sources :

  • Croquettes ou Pâtée ? par le Dr Charlotte Devaux – Les éditions du Point Vétérinaire
  • Cuisine-a-crocs.com – site du Dr Géraldine Blanchard




toutoupourlechien.com

Par Guylaine VANDEKERKHOVE

Co-fondatrice de toutoupourlechien.com et rédactrice santé & alimentation