Les besoins nutritionnels du chien : les lipides

Les lipides dans l'alimentation du chien

Les lipides, aussi appelés matières grasses ou graisses, sont des macronutriments apportés par l’alimentation du chien. Quels sont leurs rôles ? Quels sont les besoins du chien en lipides ? Dans quels aliments se trouvent-ils ?

Qu’est-ce qu’un lipide ?

Les lipides ne sont autres que les matières grasses ou les « graisses » apportées par l’alimentation de votre compagnon à quatre pattes.

Les lipides appartiennent, avec les protéines et les glucides, à la famille des macronutriments : ils apportent de l’énergie sous forme de calories au chien à raison de 9Kcal par g de lipide.

Les lipides regroupent des molécules diverses qui, en plus d’apporter de l’énergie, jouent toutes un rôle différent dans le bon fonctionnement de l’organisme du chien.



Dans l’alimentation du chien, les lipides sont principalement apportés par le cholestérol et les triglycérides.

Le cholestérol

Le cholestérol est une molécule composée de quatre cycles de carbone. Il est soit fabriqué par l’organisme lui-même, soit apporté par l’alimentation.

Les triglycérides et les acides gras

Les triglycérides sont des molécules constituées de 3 acides gras, lesquels peuvent être synthétisés par l’organisme du chien ou n’être apportés que par son alimentation. Il existe 3 catégories d’acides gras : les acides gras saturés, les acides gras mono-insaturés et les acides gras poly-insaturés. Ces derniers comptent dans leur famille les acides gras essentiels, indispensables au bon fonctionnement de l’organisme du chien.

En tant qu’acides gras poly-insaturés, les acides gras essentiels sont des molécules qui comprennent plusieurs doubles liaisons dans leur structure. En fonction de la position de la première double liaison dans la molécule, on distingue deux grandes familles d’acides gras essentiels :

  • les acides gras oméga 6 (ou ω6) qui comptent comme chef de file l’acide linoléïque,
  • les acides gras oméga 3 (ou ω3) dont le chef de file est l’acide alpha-linolénique.

Les chefs de files des acides gras appartenant aux omégas 3 et 6 sont les précurseurs de tous les autres acides gras essentiels de ces deux familles. En d’autres termes, ils sont utilisés par l’organisme du chien pour fabriquer tous les autres acides gras de ces séries.

Ces chefs de file sont dits indispensables car l’organisme du chien ne sait pas les fabriquer. Ils doivent donc impérativement être apportés par leur alimentation.

A quoi servent les lipides chez le chien ?

Les lipides chez le chien sont indispensables au bon fonctionnement de son organisme. Ils ont des rôles variés :

Ils apportent de l’énergie facilement assimilable

Un chien en bonne santé digère très bien et très facilement les lipides apportés par son alimentation. Ce macronutriment constitue donc une bonne source d’énergie pour le chien, notamment chez les chiens sportifs chez lesquels on cherche à « concentrer » les calories dans la plus petite quantité possible d’aliment.

Dans l’organisme, c’est d’ailleurs sous forme de lipides que l’énergie est stockée, dans les cellules adipeuses (ou adipocytes).

Les lipides permettent également de favoriser l’absorption des vitamines liposolubles A, D, E et K, impliquées dans de nombreuses fonctions corporelles du chien.

Ils ont un rôle structural important

Les lipides (et notamment le cholestérol et les phospholipides) entrent dans la composition des membranes cellulaires.

Ils assurent des fonctions métaboliques variées

Le cholestérol est un lipide qui sert de précurseur à l’organisme pour la « fabrication » des hormones stéroïdiennes, impliqués dans de nombreuses fonctions métaboliques chez le chien.

Les acides gras, et notamment les acides gras essentiels, sont pour certains des précurseurs de molécules de régulation de fonctions physiologiques variées telles que l’agrégation plaquettaire, les réponses inflammatoires, la vasoconstriction etc.

Les lipides interviennent également dans la reproduction, l’immunité, la croissance, la qualité du poil et l’intégrité de la peau…

Dans quels aliments trouve-t-on les lipides ?

Dans l’alimentation du chien, les lipides sont principalement apportés par la viande et les produits carnés, les œufs, les graisses d’origine animale (saindoux, graisse de canard, produits laitiers…), l’huile végétale ou de poisson.

Les viandes, les œufs et les graisses animales apportent principalement du cholestérol et des acides gras saturés. Les acides gras saturés peuvent également être apportés par des graisses végétales solides à température ambiante.

Les huiles végétales apportent quant à elle davantage d’acides gras poly-insaturés qui comptent les acides gras essentiels.

Les huiles de poisson (saumon, sardine, maquereau, hareng) sont riches en EPA (acide éicosapentaénoïque) et en DHA (acide doco-hexa-énoïque), deux acides gras de la famille des omégas 3 à très longues chaînes.

Quels sont les besoins alimentaires du chien en lipides?

Les lipides chez un chien en bonne santé doivent représenter au minimum 10% de ses apports alimentaires par rapport à la matière sèche. Ces apports peuvent être revus à la baisse si le chien est atteint de maladies particulières qui l’empêchent de bien digérer les lipides ou lors d’un contrôle des apports caloriques dans le cadre d’un régime amaigrissant ou à la hausse quand les besoins en énergie sont accrus (cas des chiens sportifs).

Dans l’alimentation du chien, il faut surtout veiller à apporter suffisamment d’acides gras essentiels des familles omégas 3 et oméga 6 et surtout à équilibrer le rapport entre ces omégas 6 et 3.

Les acides gras omégas 6 et 3 ont des rôles opposés dans l’organisme du chien : les oméga 6 sont pro-inflammatoires, pro-agrégants plaquettaire et vaso-constricteurs alors que les omégas 3 sont anti-inflammatoire, anti-agrégants plaquettaires et vaso-dilatateurs. Plus important encore, ils ont besoin des mêmes enzymes pour être transformés dans l’organisme du chien : ils sont donc en compétition. Si les deux familles sont indispensables à la bonne santé de l’animal, un excès en oméga 6 dans l’alimentation du chien pourrait favoriser la survenue de l’obésité et de maladies inflammatoires chroniques. Il faut donc idéalement que l’alimentation du chien présente un rapport équilibré entre oméga 6 et oméga 3. Or, à l’heure actuelle – et c’est le même problème en nutrition humaine – l’alimentation du chien apporte trop d’oméga 6 et pas assez d’oméga 3. En cause : l’alimentation du bétail serait à l’heure actuelle trop riche en omégas 6 qui se retrouvent en grande quantité dans la viande par rapport aux omégas 3.

Il faut également que son alimentation comprenne des aliments sources des fameux acides gras chefs de files des familles oméga 6 et 3 : les acides linoléïque et alpha-linolénique.

Les croquettes pour chien devraient idéalement contenir entre 0,33 à 1,3% d’acide linoléique et de 0,02% à 0,08% d’acide alpha-linolénique sur la matière sèche*.

Quant à l’alimentation maison pour chien, elle devrait contenir de l’huile végétale et plus particulièrement de l’huile de colza qui possède un bon rapport ω6/ω3 et apportent des quantités suffisantes de ces acides gras. La quantité d’huile à ajouter dans la ration du chien dépend du besoin énergétique du chien, à calculer avec l’aide d’un vétérinaire. Cette quantité d’huile doit couvrir généralement entre 5 et 10% du besoin énergétique du chien. Cette huile végétale doit être ajoutée crue à la ration ménagère pour ne pas détruire les acides gras, très sensibles à la chaleur. Quand le chien a des besoins énergétiques accrus lors de la pratique d’un sport (chien de chasse, chien de traîneau…), la ration peut être complétée par des graisses animales comme le saindoux ou la graisse de canard pour augmenter la densité énergétique de la ration du chien.

Les huiles de poisson permettent de complémenter le chien en EPA et en DHA, des acides gras de la famille oméga 3 même s’ils ne sont pas indispensables chez le chien en bonne santé. Elles permettent cependant de rééquilibrer le ratio ω6/ω3 et sont particulièrement indiquées chez les jeunes animaux, chez la femelle reproductrice (mais sans excès pour ne pas perturber l’implantation des embryons et la mise bas), les chiens âgés atteints d’arthrose ou d’autres maladies inflammatoires chroniques.

Quand le chien reçoit une alimentation industrielle*, il est possible d’utiliser des croquettes en contenant suffisamment, c’est-à-dire contenant 1% d’huile de poisson ou 0.01 à 0.05 % d’EPA et de DHA sur la matière sèche.

Si le chien est nourri avec une alimentation maison, il est possible de complémenter sa ration avec 500mg d’huile de sardine, maquereau, hareng ou saumon, riches en oméga 3, par tranche de 5kg de poids corporel. Cette huile de poisson ne doit pas pour autant remplacer l’huile végétale dans une alimentation maison. Choisissez l’huile de poisson sous forme de capsules ou de flacons airless (flacon à pression qui ne laisse pas rentrer l’air) et conservez là au frais et à l’abri de la lumière. Ces deux conditionnements permettent de mieux préserver les acides gras à longues chaînes des huiles de poisson, dégradés par l’air, la lumière et la chaleur.

*croquettes apportant en moyenne 4Kcal/g (source: cuisine-a-crocs.com).

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