La césarienne chez la chienne

Césarienne de la chienne
© Pixabay

La césarienne est une intervention pratiquée chez les chiennes qui ne peuvent pas mettre bas naturellement. Dans quels cas est-elle pratiquée ? Comment se déroule-t-elle ?

Qu’est-ce qu’une césarienne ?

La césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste à inciser l’utérus de la chienne gestante pour en sortir les chiots qui sont alors réanimés par l’équipe vétérinaire. Elle est pratiquée lorsque la chienne se retrouve dans l’impossibilité de mettre bas de façon naturelle.

Une césarienne peut être pratiquée en urgence ou être programmée.

Dans quels cas pratique-t-on une césarienne chez la chienne ?

Une césarienne est pratiquée en cas de dystocie, c’est-à-dire lorsque la chienne éprouve des difficultés à mettre bas naturellement.

Il existe de nombreuses causes de dystocie d’origine maternelle ou d’origine fœtale parmi :

  • la présence de fœtus malformés, mal disposés ou d'une disproportion foeto-maternelle (quand le fœtus est trop gros par rapport à la mère),
  • des malformations du bassin de la chienne ou de ses voies génitales qui rendent impossible l’accouchement par les voies naturelles,
  • le syndrome du chiot unique. Il se produit quand la chienne n’attend qu’un seul chiot et que les signaux qui déclenchent normalement la mise-bas ne sont pas suffisants,
  • des contractions utérines contractions improductives, prolongées et douloureuses pour la chienne qui ne permettent pas d’expulser tous les chiots de la portée.

Ainsi, une césarienne peut être programmée si :

  • la chienne appartient à une race à risque élevé de dystocie par obstruction. C’est le cas des races de chiens brachycéphales ("au museau écrasé") et notamment du Bulldog Anglais,
  • la chienne est à risque de présenter une atonie utérine primaire. Il s’agit de l’absence de contractions utérines qui ne permettent pas l’expulsion normale des chiots. Les animaux qui y sont prédisposés sont les chiennes appartenant à la race Scottish Terrier, les chiennes qui mettent bas pour la première fois après l’âge de 6 ans et les chiennes de plus de 7 ans.
  • l’on sait que la chienne attend une portée de 1 ou 2 chiots ou de plus de 8 chiots,
  • la chienne est atteinte de diabète,
  • la chienne ou sa mère/ses sœurs ont des antécédents de dystocie,
  • on lui connaît des problèmes au niveau du bassin ou des voies génitales,
  • la mise-base naturelle ne se déclenche pas dans les 65 jours après son ovulation (si la date est précisément connue) ou dans les 67 jours après la saillie et que le taux sanguin de progestérone de la chienne n’a pas chuté.

Césarienne chez la chienne : le déroulement

Une césarienne se déroule en plusieurs étapes.

La préparation

La chienne est tout d’abord préparée à l’intervention. Pour ce faire, on la place alors sous perfusion, on lui injecte un anti-vomitif et on la pré oxygène au masque quelques minutes avant de procéder à l’anesthésie. La zone du ventre de la chienne qui sera incisée lors de la césarienne est également tondue et désinfectée avant l’anesthésie.

Auparavant, le vétérinaire pratique un examen pré anesthésique qui comprend généralement au moins un examen clinique et une prise de sang. Si la césarienne est pratiquée en urgence, la chienne devra être réanimée et stabilisée avant l’intervention.

A savoir

Lorsque la césarienne est programmée, le vétérinaire réalise des dosages de progestérone afin de s’assurer que la chienne est bien au terme de sa gestation et que les chiots sont viables avant de procéder à la césarienne. Si la date de l’ovulation est connue précisément, le vétérinaire peut même injecter de l’aglépristone à la mère 18 à 24h avant l’intervention. C’est une molécule anti-progestérone dont l’intérêt est de préparer l’organisme à la mise-bas, elle jouerait aussi un rôle dans la maturation pulmonaire des chiots.

L’anesthésie

La chienne subit ensuite une anesthésie (généralement gazeuse) et une fois endormie, elle est ensuite intubée à l'aide d'une sonde endo-trachéale.

L’anesthésie est évidemment générale mais est maintenue de façon la plus superficielle possible afin de ne pas compromettre la survie des chiots.

L’intervention chirurgicale

Le chirurgien incise la paroi abdominale de la chienne puis extériorise délicatement l’utérus de la chienne qu’il va inciser à son tour. Par des pressions douces, il va ensuite faire progresser les fœtus jusqu’au site d’incision de l’utérus afin de les faire sortir un à un avec leur placenta.

Une fois le chiot sorti, le vétérinaire rompt le sac amniotique pour dégager la tête du nouveau-né et sectionne le cordon-ombilical. Il est ensuite confié à un membre de l’équipe soignante pour être réanimé.

Une fois tous les chiots sortis, le vétérinaire recoud la paroi utérine avec un fil résorbable et referme la paroi abdominale de la chienne.

Les soins post-opératoires

De la mère

A la suite de l’intervention, la chienne reçoit un traitement antibiotique pour minimiser les risques d’infection et une injection d’ocytocine pour favoriser la vidange de l’utérus (notamment éliminer les restes de placenta).

Pour minimiser les douleurs post-opératoires, le vétérinaire la place généralement sous médicaments analgésiques (anti-inflammatoires non stéroïdiens ou morphine généralement).

Dès que la chienne est suffisamment réveillée, elle est placée avec ses chiots afin de prévenir les écrasements et tout réaction agressive de sa part envers ses petits. Ces risques sont en effet plus élevés chez les chiennes qui ont subi une césarienne.

Des chiots

A la sortie de l’utérus par le chirurgien, les chiens sont pris en charge par l’équipe soignante qui :

  • aspire les mucosités présentes dans la bouche et les cavités nasales du nouveau-né,
  • frictionne vigoureusement son dos et ses flancs afin de le sécher et de stimuler sa respiration,
  • ligature le cordon ombilical et désinfecte son extrémité,
  • contrôle la bonne santé du nouveau-né,
  • place le nouveau-né au chaud, dans une couveuse ou sous une lampe infra-rouge.




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