Mon chien n’est pas propre

chien malpropre
© image d'illustration Pixabay

Si votre chien fait ses besoins à l’intérieur de la maison, ce n’est pas forcément qu’un problème d’éducation ! Ce problème peut trouver son origine dans des erreurs commises par le maître, dans une trop grande émotivité du chien ou dans des problèmes d’ordre médicaux. Apprenez à identifier la cause de la malpropreté de votre chien afin d’y remédier.

Quand peut-on parler de malpropreté chez le chien ?

Un chien est qualifié de malpropre quand il fait pipi et/ou caca à l’intérieur de l’habitation alors que son maître lui offre l’opportunité de faire ses déjections à l’extérieur à des fréquences qui correspondent à ses capacités de se retenir.

Un chien adulte en état d’éveil et en bonne santé peut normalement se retenir de faire ses besoins durant 4 à 5 heures d’affilée. Quand il s’agit d’un chiot, cette capacité de se retenir dépend de son âge : elle n’est que de 2 heures d’affilée en journée à l’âge de 2 mois, de 3 heures à 3 mois et atteint les 4 heures à ses 4 mois. L’acquisition du contrôle sphinctérien n’est pas totale avant l’âge de 6 à 7 mois. Avant cet âge, il est donc tout à fait normal que votre chiot « s’oublie » encore à la maison sans que cela ne soit inquiétant.

A la lumière de ces éléments, le maître d’un chien doit donc pouvoir offrir à son animal la possibilité de sortir à des fréquences adaptées à son âge. Et, cela sous-entend qu’avant même de déclarer que son chien est malpropre, il faut se poser la question suivante : « est-ce que je sors mon chien suffisamment souvent pour lui laisser la possibilité de faire ses besoins dehors et non à l’intérieur ? ». Il est en effet tout à fait possible que votre chien fasse ses besoins à l’intérieur car vous ne le sortez pas assez souvent ou êtes absent trop longtemps. Le chien se trouve alors dans l’incapacité physique de se retenir.

Si, en revanche, la fréquence de sortie de votre chien n’est pas le problème alors il faudra rechercher la cause de la malpropreté du chien parmi :

  • un mauvais apprentissage de la propreté,
  • des facteurs émotionnels,
  • des problèmes comportementaux,
  • un problème d’ordre médical.

Un mauvais apprentissage de la propreté

Il est courant que les chiens fassent leur besoin à l’intérieur en raison d’un défaut d’apprentissage de la propreté ou d’erreurs commises par le maître alors même que ce dernier pensait bien faire.

Les erreurs couramment commises lors de cet apprentissage sont :

  • Punir le chien son chien « après coup »

Punir son chien lorsqu’il a fait ses besoins alors qu’on ne l’a pas pris sur le fait ne sert à rien. Au contraire, c’est même « contre-productif » car cela envoie le mauvais message au chien. Au lieu de comprendre « pas de pipi dans la maison », il comprend plutôt « pas de pipi du tout » ou « tu n’as pas le droit de faire pipi ». En réaction, le chien va donc toujours faire ses besoins à l’intérieur mais en se cachant de la vue de son maître (derrière un meuble, dans une pièce non fréquentée …)  ou pire encore, il peut se mettre à manger ses excréments pour faire disparaître le fruit de sa « bêtise ».

Quelle est la bonne pratique ?

Apprendre au chien à faire ses besoins dehors par une attitude positive : ignorer quand il fait ses besoins à l’intérieur et le récompenser/ le féliciter chaleureusement quand il fait ses besoins dehors.

Il est tout de même possible de manifester sa désapprobation au chien mais uniquement lorsqu’on le prend « sur le fait » et d’une façon qui ne va pas l’effrayer ou le traumatiser. Il ne faut donc pas crier, ne pas punir le chien en lui trempant la truffe dans ses excréments et encore moins le frapper (même avec un journal) ! Si la « punition » est trop virulente, le chien peut alors développer une peur de son maître et refuser de faire ses besoins en sa présence, même lorsqu’il est à l’extérieur. Lorsque vous surprenez votre chien en train de faire ses besoins à la maison, le mieux est donc de le conduire dehors rapidement, si la configuration de votre domicile le permet, et de le récompenser s’il finit d’y faire ses besoins.

  • Utiliser un journal ou un tapis d’éducation

Lors de l’apprentissage de la propreté, certains maîtres utilisent temporairement des journaux ou des tapis pour que l’animal puisse faire ses besoins à l’intérieur ou sur un balcon. C’est une très mauvaise idée car cette pratique envoie le message suivant au chien : « tu as le droit de faire pipi dans la maison », ce qui a toutes les chances de retarder l’apprentissage de la propreté. Certains animaux assimilent par la suite tous les tapis de la maison à des endroits où faire leurs besoins.

Quelle est la bonne pratique ?

Abandonner l’idée d’utiliser ces solutions « provisoires » et sortir régulièrement l’animal, en fonction de ses besoins, et en privilégiant certains moments :

  • Après une séance de jeu,
  • Au réveil après une sieste,
  • Après qu’il a mangé,
  • Avant la nuit, juste avant le couché.

Afin de mener à bien l’apprentissage de la propreté, nous vous recommandons la lecture de notre article « Rendre son chiot propre : 20 conseils pratiques ». Si néanmoins, vous éprouvez des difficultés à solutionner le problème, n’hésitez pas à faire appel à un éducateur canin professionnel pour vous aider dans cet apprentissage.

Peur, anxiété, excitation : des facteurs émotionnels à l’origine d’une malpropreté

Parmi les causes possibles de malpropreté chez le chien, on connaît également des facteurs émotionnels tels que :

  • La peur de l’extérieur. Le chien est alors si inhibé dehors qu’il refuse d’y faire ses besoins mais s’empresse de les faire à l’intérieur de l’habitation, une fois rentré chez lui loin de l’objet de sa peur. Les raisons de sa peur sont variables : il peut s’agir du bruit, des voitures etc.
  • L’anxiété. En particulier, les chiens qui souffrent d’anxiété de séparation peuvent se « soulager » à l’intérieur quand ils restent seuls,
  • Une excitation intense lors d’une séance de jeu ou l’arrivée de son maître ou d’invités à la maison. Cette excitation se manifeste alors par des « pipis de joie » que le chien est dans l’incapacité de retenir. En promenade, une trop forte excitation peut également provoquer l’oubli pur et simple de faire ses besoins à l’extérieur. Le chien n’aura alors pas d’autre choix de faire ses besoins à l’intérieur, de retour de promenade, lorsque l’excitation sera retombée.

Si votre chien est malpropre pour les raisons émotionnelles évoquées ci-dessus, il ne sert à rien de le gronder ni de le punir lorsqu’il « s’oublie » à la maison car les émotions fortes, positives comme négatives, peuvent faire augmenter le besoin d’aller uriner ou être à l’origine de selles plus molles. Quand le chien est trop « émotif », la malpropreté est donc bien souvent le résultat de manifestations physiques non intentionnelles que le chien ne contrôle absolument pas. En le punissant, vous vous heurteriez à l’incompréhension de votre chien et votre attitude ne ferait que renforcer son état de stress et aggraver le problème.

Pour résoudre ou atténuer le problème, la seule chose à faire est donc d’identifier ce qui cause de telles émotions à votre chien afin de pouvoir entreprendre un travail adapté, idéalement avec l’appui d’un éducateur comportementaliste canin professionnel. Les solutions résident dans :

Des problèmes comportementaux à l’origine d’une malpropreté

Une mauvaise gestion de la frustration

Les problèmes de malpropreté du chien adulte peuvent également trouver leur source dans un problème de gestion de sa frustration. Le chien peut alors exprimer son courroux ou sa frustration en faisant ses besoins à l’intérieur de l’habitation. Si tel est le cas, il convient alors au maître de revoir les règles de vie à la maison et d’apprendre à son chien à gérer la frustration. Là encore, il est tout indiqué de se faire aider par un éducateur canin comportementaliste dès la moindre difficulté.

Le marquage urinaire

On parle de marquage urinaire quand un chien mâle lève la patte pour émettre un jet d’urine bref sur un objet. C’est un comportement tout à fait normal et naturel qui sert de moyen de communication entre congénères. L’urine contient en effet des substances odorantes propres à chaque individu qui servent de « messagers olfactifs » entre chiens.

Ce comportement n’a souvent rien de gênant tant que le chien mâle lève la patte à l’extérieur, lors de ses balades mais il arrive que ces marquages urinaires deviennent « compulsifs » ou qu’ils surviennent à l’intérieur de votre domicile, contre un meuble, le canapé ou le réfrigérateur…

Ce marquage urinaire peut être lié :

  • à une méconnaissance du chien (et parfois du maître) des règles de vie à la maison. Parfois, il suffira de reprendre les bases de l’éducation de son chien, de préférence avec l’aide d’un éducateur canin professionnel, pour venir à bout des comportements gênants,
  • à un problème d’hypersexualisme du chien, un trouble qui se manifeste par une excitation sexuelle permanente et débordante. En effet, les hormones sexuelles du chien jouent un rôle important dans les phénomènes de marquage urinaire, ce qui explique que ce comportement peut être également stimulé par les traces d’urines laissées par un autre chien mâle ou par celle d’une chienne en chaleur. Il faut alors se tourner vers son vétérinaire afin qu’il vous oriente vers la solution la plus appropriée : castration ou administration de plantes aux propriétés androgéno-freinatrices.

Mon chien n’est pas propre car il est malade

De nombreuses raisons « organiques » peuvent également conduire un chien à faire ses besoins à l’intérieur. C’est le cas lorsque le chien souffre :

  • d’une maladie à l’origine d’un syndrome polyuro-polydipsique (signifie « uriner beaucoup et boire beaucoup ».) comme le diabète sucré, le diabète insipide, l'insuffisance rénale et hépatique ou bien encore la maladie de Cushing. La malpropreté n’est est généralement pas le seul symptôme,
  • d’une maladie à l’origine d’une diarrhée (malpropreté fécale),
  • de troubles urinaires comme une cystite, une prostatite ou bien encore des calculs urinaires,
  • de troubles liés à la sénilité du chien âgé,
  • d’une incontinence de stérilisation. Ce trouble se définit comme une perte d’urine involontaire (le chien ne se met pas en position pour uriner) qui survient quelques mois à quelques années après l’intervention chirurgicale. Généralement, l’animal perd quelques gouttes d’urines sur son couchage.

Ces troubles organiques doivent vous inciter à consulter un vétérinaire dans les meilleurs délais.




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