Le collier anti-aboiement bientôt interdit en Grande-Bretagne

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Le collier anti-aboiement
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Michael Gove, le Secrétaire de l’État Britannique à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales compte interdire les colliers anti-aboiement. Pour quelles raisons ? Et, qu’en est-il en France ?

Les colliers anti-aboiements bientôt interdits en Grande Bretagne ?

En Grande-Bretagne, Michael Gove, le Secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales, a récemment fait part de son intention d’interdire à la vente les colliers anti-aboiements au nom du bien-être et de la protection animale.

Il existe en réalité plusieurs types de colliers anti-aboiement sur le marché. Tous fonctionnent sur le principe de l’association négative : quand le chien aboie, le boitier du collier anti aboiement se déclenche en réaction à la vibration des cordes vocales du chien en libérant, selon les colliers, un jet de produit, une vibration ou une décharge électrique. L’animal ressent alors une douleur ou une gêne qui le dissuade de continuer à aboyer. Bien évidemment, les colliers qui posent le plus de problèmes aux défenseurs de la cause animale sont les colliers électrostatiques qui envoient une décharge électrique au chien aboyeur. C’est précisément ce type d’outil coercitif que le secrétaire d’État Britannique compte interdire prochainement.

Pourquoi est-ce une bonne chose ?

Les décharges électriques délivrées par ce type de collier sont susceptibles d’occasionner de vives douleurs voire des brûlures à l’animal, si ce dernier ne cesse pas ses aboiements. Car, tant que le chien continue d’aboyer, le collier continue d’envoyer des décharges électriques d’intensité généralement croissante !

Pire encore, ce dispositif est souvent vendu comme un « collier d’éducation » supposé améliorer le comportement du chien. En réalité, il n’en est rien car il peut dans certains cas aggraver les troubles de l’animal voire provoquer de l’agressivité chez ce dernier au même titre que toutes les méthodes « d’éducation » basées sur la peur et les violences physiques.

Enfin, son usage ne permet pas au maître du chien de s’intéresser à la source du problème à l’origine des aboiements intempestifs de son animal et encore moins de les régler de manière définitive avec l’appui d’un éducateur-comportementaliste canin.

Vers une interdiction en France ?

Le collier anti-aboiement est en réalité déjà interdit dans plusieurs pays européens comme le Pays de Galles, l’Écosse (Michael Cove souhaite ainsi étendre l’interdiction à la totalité de la Grande Bretagne) et la Suisse. Mais qu’en est-il en France ?

Pour les professionnels de l’éducation canine, l’Article R 214-6 du Code Rural stipule d’ores et déjà que :

L’exercice des activités d’éducation, de dressage (…) dans des conditions et avec des méthodes ou accessoires pouvant occasionner des blessures, des souffrances, du stress ou de la peur est interdit.

Alors comment expliquer que certains éducateurs utilisent encore ce type de collier et pourquoi la France ne suit-elle pas encore l’exemple de ses voisins britanniques et suisses ? Deux questions qui restent encore à ce jour hélas sans réponse... En tant que maître de chien, on peut déjà s’engager à ne jamais avoir recours à ce genre d'outil et à privilégier autant que possible les méthodes positives pour éduquer ou rééduquer son chien.




Guylaine Vandekerkhove

Ingénieure diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Agronomie et des Industries Alimentaires (ENSAIA) et d'un Master en ingénierie de la santé et nutrition, Guylaine VANDEKERKHOVE est la co-fondatrice de toutoupourlechien.com. Elle utilise désormais ses compétences scientifiques pour écrire des articles sur la santé et la nutrition canine et puise ses sources sur des ouvrages vétérinaires de référence. Passionnée par les chiens depuis toujours, elle a également validé une formation pratique d'éducatrice-comportementaliste canin.