Donner de l’ibuprofène à son chien : est-ce possible ?

La réponse est : NON ! L’ibuprofène, utilisé dans de nombreux médicaments contre la douleur et la fièvre chez l’Humain, est dangereux pour le chien. On vous dit pourquoi…

L’ibuprofène: un anti-inflammatoire non stéroïdien toxique pour le chien

En médecine humaine, l’ibuprofène est un principe actif retrouvé dans plus de quatre-vingts spécialités médicamenteuses notamment commercialisées sous les marques commerciales Nurofen®, Advil® ou Nureflex® (entre autres). On les trouve sous forme de comprimés dosés de 200 à 400 mg de principe actif. Ces médicaments sont disponibles sans ordonnance et couramment pris en automédication pour soulager les douleurs et la fièvre.

Parfois, l’ibuprofène est associé dans les médicaments à d’autres principes actifs comme la pseudoéphédrine, utilisé pour soulager les symptômes du rhume, dans des marques commerciales telles que Rhinadvil® ou Rhinureflex® ou bien encore la codéine pour soulager les douleurs plus intenses.

En médecine vétérinaire, aucun médicament à base d’ibuprofène n’est répertorié dans Med’Vet, la base de données qui recueille l’ensemble des spécialités à usage vétérinaire disponibles en France. Et pour cause ! L’ibuprofène présente une toxicité importante pour le chien !

L’ibuprofène appartient à la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Son mode d’action dans l’organisme repose sur l’inhibition de la synthèse d’enzymes appelées les cyclo-oxygénases (les COX) impliquées dans la libération de prostaglandines, des substances impliquées dans les réactions inflammatoires et l’apparition de la fièvre. En empêchant leur libération, l’ibuprofène réduit donc la fièvre, la réaction inflammatoire de l’organisme ainsi la douleur qui lui est associée. C’est ce mode d’action qui explique son efficacité antalgique et antipyrétique.

Le problème, c’est que les prostaglandines sont impliquées dans de nombreuses autres fonctions corporelles comme la production de mucus qui forme une couche de protection de la paroi interne de l’estomac et de l’intestin, le mécanisme de coagulation sanguine ou bien encore la perfusion rénale. En empêchant la libération des prostaglandines, l’ibuprofène empêche aussi ces fonctions de s’effectuer correctement. On assiste alors à l’apparition d’effets secondaires indésirables, pouvant même, en fonction de la dose ingérée, devenir les symptômes d’une véritable intoxication à l’ibuprofène chez le chien.



Les symptômes de l’intoxication à l’ibuprofène chez le chien

Les premiers signes de l’intoxication chez le chien apparaissent généralement dans les 2 heures qui suivent l’ingestion du médicament. Ils sont le plus souvent d’ordre digestif. En inhibant la production de prostaglandines, l’ibuprofène fait diminuer la production de mucus protecteur de l’estomac et fait augmenter la production d’acide gastrique. Il s’ensuit donc une irritation de l’estomac et de l’intestin qui peut se manifester par :

En fonction de la sensibilité du chien au toxique ou de la gravité de l’intoxication, l’irritation de la muqueuse gastrique peut provoquer des lésions telles que des ulcères gastriques.

Si la dose ingérée est importante ou qu’une administration d’ibuprofène est répétée sur plusieurs jours, le chien peut alors développer des signes neurologiques d’intoxication (convulsions, troubles de la coordination, prostration…) et une insuffisance rénale aiguë (l’animal n’urine plus du tout ou quasiment plus).

La dose toxique d’ibuprofène pour le chien

D’après le site Toxivet, la toxicité digestive de l’ibuprofène pour le chien s’exprime à partir de 100 mg/kg de poids corporel bien qu’on puisse déjà observer des effets gastro-intestinaux à des doses inférieures.

Les effets de l’ibuprofène sur la fonction rénale sont quant à eux relevés à partir de 250mg/kg de poids corporel et au-delà de 300 mg/kg, le pronostic vital de l’animal intoxiqué est réservé.

Mon chien a avalé de l’ibuprofène: que faire ?

Si vous avez donné de l’ibuprofène à votre chien ou qu’il en a avalé par accident, la seule chose à faire est d’appeler immédiatement votre vétérinaire.

Bien qu’il n’existe pas d’antidote contre l’intoxication à l’ibuprofène, seul votre vétérinaire sera à même de mettre en place un traitement adapté pour :

  • l’aider à éliminer le toxique de l’organisme, à l’aide médicaments vomitifs ou de charbon végétal,
  • soulager les symptômes digestifs de votre chien à l’aide de médicaments protecteurs de l’estomac (anti-acides, inhibiteurs de la pompe à protons, pansements digestifs…)
  • minimiser le risque d’insuffisance rénale…

La gravité de l’intoxication peut parfois justifier une hospitalisation de l’animal.

Le vétérinaire pourra également procéder à des examens pour évaluer les lésions du tube digestif dans les jours qui suivent l’ingestion d’ibuprofène.

Comment soulager la douleur de mon chien sans ibuprofène ?

Là encore, si votre animal a mal quelque part, la seule chose à faire est de consulter sans tarder votre vétérinaire. Lui seul pourra prescrire des médicaments à usage vétérinaire adaptés au cas particulier de votre chien et, surtout, identifier la cause de sa douleur pour en venir à bout de façon plus durable qu’avec un simple médicament contre la douleur.

Ne tentez pas non plus de troquer un médicament contenant de l’ibuprofène contre un médicament à base d’aspirine ou de paracétamol qui sont tout aussi toxiques pour votre animal !

Pour soulager votre chien en attendant la consultation vous pouvez utiliser sans risques des remèdes homéopathiques comme les granules d’Arnica 5CH ou de Belladona 5CH. Pensez également au froid : l’application d’une poche de glace peut alléger temporairement la souffrance d’une douleur musculaire ou le feu d’une inflammation locale sur votre chien.

Vous pouvez également piocher parmi les remèdes de la phytothérapie qui comptent de nombreuses plantes aux propriétés anti-inflammatoires utilisables par voie locale ou par voie générale.

Ces solutions naturelles ne doivent pas pour autant remplacer ou retarder une consultation chez le vétérinaire. Nos chiens sont beaucoup plus résistants à la douleur que nous. Quand ils montrent leurs premiers signes de douleur, c’est qu’ils ont déjà très mal ! Bien plus mal que nous, êtres humains, serions en mesure de supporter !

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