Ehrlichiose chez le chien : symptômes et traitement

Les tiques, ces parasites redoutés qui se nourrissent de sang, peuvent véhiculer de nombreuses maladies chez nos compagnons à quatre pattes.

Les plus connues sont la maladie de Lyme et la piroplasmose mais il en existe une autre, plus méconnue, appelée l’ehrlichiose. Description de cette maladie infectieuse.

L’ehrlichiose, une maladie infectieuse du chien transmise par les tiques brunes

L’ehrlichiose est due à l’infection du sang du chien par une bactérie appartenant à la famille des Rickettsies et appelée Ehrlichia canis.

La contamination de l’animal se fait au cours d’une morsure de tique porteuse de la bactérie. Plus précisément, ce sont les tiques appartenant à l’espèce Rhipicephalus sanguineus qui sont les vecteurs de l’ehrlichiose canine. Cette espèce de tique, aussi appelées tique brune, est la deuxième espèce la plus rencontrée chez le chien. Elle est très répandue dans le monde, sur l’ensemble des continents mais on la trouve de façon préférentielle en zones tropicales et tempérées. En France, elle se développe surtout (mais pas exclusivement) autour de la Méditerranée, dans la vallée du Rhône et dans le Sud-Ouest si bien que les cas d’ehrlichiose sont davantage répandus dans ces régions.

Comment reconnaître l’ehrlichiose canine ?

Cette maladie infectieuse est à l’origine d’une large variété de symptômes qui dépendent à la fois de la race du chien, de son état de santé initial et de celui de son système immunitaire, ainsi que de la virulence de la bactérie qui l’a infectée. Les symptômes sont également peu spécifiques. Pour ces raisons, il est souvent très difficile pour un vétérinaire d’établir le diagnostic d’une ehrlichiose sans avoir recours à des analyses sanguines.

La maladie s’exprime en différentes phases qu’il n’est cependant pas toujours aisé de distinguer.

Phase aiguë

Cette première phase peut passer inaperçue et ne dure pas plus d’un mois. Après une période d’incubation de la maladie de 8 à 20 jours, la phase aiguë peut se manifester par :

  • une fièvre importante pouvant aller de 39,5°C à 41.5°C qui peut apparaître dès le 10ème jour après l’inoculation de la bactérie,
  • une perte de poids,
  • une grande fatigue.

Plus rarement, on peut observer un écoulement abondant de mucus par le nez ou les yeux pouvant être teinté de sang. Les vétérinaires parlent alors de jetage oculo-nasal.

Phase sub-clinique

La phase sub-clinique suit la phase aiguë et dure 2 à 3 mois. Elle peut évoluer de deux façons selon l’état de santé initial du chien :

  • si le chien a de bonnes défenses immunitaires, les symptômes de la phase aiguë s’atténuent même en l’absence de traitement et la maladie évolue sous sa forme chronique,
  • si le chien a des défenses immunitaires défaillantes, les symptômes de la phase aiguë s’intensifient. La maladie peut alors toucher les yeux et provoquer la cécité de l’animal. Dans les cas les plus graves, la maladie provoque des hémorragies sur de nombreux organes et d’autres complications pouvant aller jusqu’au décès de l’animal.

La phase chronique

Deux à quatre mois après l’inoculation de la bactérie par la tique survient la phase chronique. Cette phase peut être bénigne chez certains chiens qui ne présentent alors plus aucun symptôme de la maladie : on dit qu’ils sont porteurs sains de la bactérie E.canis.

Dans d’autres cas, la phase chronique peut aussi s’accompagner de signes visibles extrêmement variés dont voici une liste non-exhaustive :

  • l’apparition de bleus sur le ventre de l’animal,
  • l’apparition de petites pointes de sang appelées pétéchies sur les muqueuses,
  • un gonflement des articulations et du scrotum,
  • des signes neurologiques.

A ce stade de la maladie, le vétérinaire constatera dans les analyses sanguines une chute grave des plaquettes, des globules rouges et des globules blancs. Les autres analyses peuvent mettre en évidence une insuffisance hépatique et une insuffisance rénale chronique.

La maladie se révèle particulièrement grave chez le berger allemand chez qui elle provoque une aplasie médullaire, autrement dit une raréfaction de la moelle osseuse qui se traduit par une incapacité irréversible de fabriquer les cellules sanguines. Le pronostic vital des chiens atteints de cette forme chronique de la maladie est très sombre.

L’ehrlichiose, ça se soigne ?

Il existe des traitements antibiotiques qui permettent de traiter la maladie. C’est dans la phase aiguë précoce de la maladie que le traitement donne les meilleures chances de guérison. Dès les premiers signes de la maladie, il est donc fortement conseillé de vous rendre chez votre vétérinaire. La consultation, les analyses sanguines ainsi que le traitement antibiotique pourront même vous être remboursés si vous avez pris soin auparavant de souscrire une assurance santé pour animaux.

En phase chronique, les traitements antibiotiques peuvent être complétés par des traitements de soutien des fonctions vitales de l‘animal.

S’il n’existe pas aujourd’hui de vaccin contre l’ehrlichiose, il est tout de même possible de prévenir la maladie en évitant l’infestation de votre chien par les tiques. Pensez à mettre à jour son traitement contre les parasites externes et à inspecter son pelage à chaque retour de promenade.

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