La hernie périnéale du chien

La hernie périnéale du chien
© Pompi | Pixabay

Qu’est-ce qu’une hernie périnéale du chien ? A quoi est-elle due ? Par quels symptômes se manifeste-t-elle ? Comment est-elle diagnostiquée et traitée ?

Qu’est-ce qu’une hernie périnéale ?

La hernie périnéale correspond à une faiblesse du diaphragme périnéal ou pelvien, un ensemble de muscles et de tissus conjonctifs qui constituent une paroi normalement capable de retenir les organes pelviens et abdominaux dans la cavité abdominale.

En cas d’effondrement de cette paroi, les organes tels que le rectum, la vessie, le colon, la prostate et même parfois l’intestin grêle la traversent et se retrouvent alors sous la peau de l’animal, en formant une masse sous cette dernière.

A quoi est due une hernie périnéale chez le chien ?

Chez le chien, la hernie périnéale serait due à une atrophie partielle ou totale des muscles constitutifs du diaphragme pelvien couplée à une fragilisation du diaphragme pelvien.

Les causes de cette affection restent à ce jour encore méconnues bien que plusieurs hypothèses soient avancées parmi :

  • la pauvreté en récepteurs aux hormones sexuelles mâles dans les muscles du diaphragme périnéal chez certains chiens,
  • des dégénérescences primaires de ces muscles,
  • des efforts expulsifs accrus lors de la défécation ou de la miction liés à une affection prostatique, une affection des glandes anales, des cystites à répétition ou à une obstruction des voies urinaires,
  • une atrophie du muscle élévateur de la queue, liée à une queue naturellement courte chez le chien ou à une caudectomie,
  • une interruption de l’innervation musculaire du diaphragme pelvien,
  • une diminution du tonus musculaire liée à un âge avancé du chien.

Les mâles non castrés et âgés sont davantage touchés par la hernie périnéale tout comme certaines races de chiens comme le Boxer, le Colley, le Boston Terrier, le Caniche, le Bichon Maltais, le Bichon Frisé ou bien encore le Teckel.

Hernie périnéale du chien : les symptômes

Une hernie périnéale se manifeste généralement par l’apparition d’une masse au niveau du périnée, localisée dans la plupart des cas du côté droit près de l’anus.

Sa présence peut s’accompagner de constipation, de ténesme (envie constante d'aller à la selle avec une tension douloureuse au niveau de l’anus), une baisse de l’appétit et de difficultés à déféquer et/ou à uriner.

En dehors de ces symptômes, une hernie périnéale n’a pas de répercussions importantes sur l’état général du chien sauf si :

  • la vessie s’engage dans la hernie, ce qui rend la masse périnéale très douloureuse pour le chien et constitue une urgence chirurgicale,
  • une anse intestinale est engagée dans la hernie, ce qui provoque des vomissements et un important abattement de l’animal.

Le diagnostic de la hernie périnéale du chien

Le diagnostic de la hernie périnéal repose sur :

  • un examen clinique du chien par le vétérinaire à la recherche d’un gonflement de la région périnéale du chien,
  • un toucher rectal par le vétérinaire, lui permettant d’évaluer le tonus du diaphragme pelvien et de mettre en évidence la présence de lésions sur les organes engagés dans la hernie,
  • des examens d’imagerie (radiographie et/ou échographie) afin de caractériser le contenu du sac herniaire (identifier avec précision les organes engagés dans la hernie),
  • des analyses sanguines préalables au traitement chirurgical.

Quel traitement pour la hernie périnéale du chien ?

Le traitement de la hernie périnéale est essentiellement chirurgical.

L’intervention chirurgicale se fait généralement en deux temps :

  • le premier temps consiste à identifier les organes engagés dans la hernie pour les remettre à leur place anatomique,
  • le second temps consiste en une reconstruction du diaphragme pelvien du chien.

Si l’intervention se pratique sur un mâle entier, le chirurgien « profitera » de l’intervention pour castrer l’animal. Cette précaution vise à réduire la taille de la prostate du chien qui, lorsqu’elle est trop volumineuse, provoque des efforts excessifs lors de la défécation, ce qui affaiblit le diaphragme pelvien.

Le traitement chirurgical est une réussite dans 70 à 80% des cas même si des complications ou des récidives peuvent parfois survenir. Les complications peuvent prendre la forme d’une infection du site opératoire ou de l’apparition d’une incontinence fécale et/ou urinaire, transitoire, dans la plupart des cas.

Après l’opération, le chien devra porter une collerette et son propriétaire devra veiller à garder la zone opérée bien propre et à ce que le chien évite de faire de trop gros efforts lors de la défécation. Pour ce faire, le vétérinaire pourra administrer des laxatifs au chien pendant sa période de convalescence post-opératoire.



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