Au vu des nombreuses interrogations des maîtres lorsqu’il s’agit de comprendre leur chien, essayons ensemble de décrypter toutes les postures les plus courantes que nos chers amis canidés utilisent pour communiquer.

Comprendre son chien, c’est la base ! C’est ce qui vous permettra d’avoir une attitude adaptée et des attentes qui correspondent à l’état d’esprit de votre chien.

Et pour bien comprendre son chien, il faut bien entendu l’observer car s’il ne peut pas parler, en revanche, son corps nous dit énormément de choses ! Que ce soit le mouvement de ses oreilles, sa posture générale, ses yeux, sa queue, etc.

Je pense que l’on peut regrouper un maximum de postures en trois grandes catégories : les postures de jeu, les postures « positives » et les postures « négatives ».

Postures et attitudes liées au jeu

Un chien qui a envie de jouer, notamment avec ses congénères, le fera comprendre grâce a une seule et unique posture qui ne trompera personne : les pattes avant au sol, le postérieur en l’air, la gueule ouverte, et éventuellement quelques aboiements pour attirer l’attention et évacuer un trop plein d’énergie.

Lors du jeu entre chiens, on pourra distinguer deux attitudes principales : la « lutte » ou la poursuite. La lutte se fera principalement debout ou couchée (pour des chiots ou des chiens qui se connaissent très bien). Il faudra cependant être vigilant lorsque la lutte se fera à la verticale (les deux chiens sur leurs pattes arrières) car cela pourrait mal se terminer. Il sera alors temps de stopper le jeu.

Quant à la poursuite, elle sera « saine » si les rôles s’inversent de temps à autre dans le jeu et si ce n’est pas toujours le même chien qui se fait poursuivre. Nous verrons par la suite les attitudes qui traduiront un inconfort car parfois dans le jeu, l’un des deux chiens n’a plus envie de jouer et saura le faire comprendre. A vous d’intervenir si le chien qui veut continuer à jouer ne « reçoit » pas les signaux d’arrêt de son copain.

Postures et attitudes exprimant une sérénité

Un chien bien dans ses pattes est debout avec les oreilles et la queue « détendues ». De plus, un chien qui se couche naturellement traduira un apaisement total puisque la position couchée (ainsi que se mettre sur le dos) est celle qui met le chien dans une situation vulnérable. De fait, si le chien adopte cette attitude, c’est qu’il est détendu et serein.

De plus, lorsque le chien soupire ou s’étire, c’est qu’il se détend et est à l’aise dans son environnement. A titre personnel, je souris toujours un peu lorsque j’entends mon chien soupirer très fort après s’être installé dans son panier et avant de commencer sa nuit.

De nombreux signaux d’apaisement traduisent également une sérénité ou du moins une envie de passivité comme le fait de plisser les yeux, de se coucher, se mettre sur le dos, détourner le regard et/ou tout le corps, etc.

De manière générale, il est « facile » de voir si un chien est bien dans ses pattes, il a la gueule ouverte, il « sourit », semble détendu au niveau de sa posture globale, ne reste pas fixé sur quelqu’un ou quelque chose, a un regard « doux », etc. Il est difficile de décrypter en détail certaines postures et attitudes, c’est souvent de l’ordre du ressenti.

D’ailleurs, pour être tout à fait honnête, j’utilise parfois moi même les codes canins pour signifier à mes chiens que « c’est cool ». Par exemple, il arrive qu’un de mes chiens me regarde fixement, en attendant « je ne sais quoi », mais avec un regard plutôt interrogateur, voire un peu stressé… Et j’ai souvent le réflexe de cligner des yeux, les plisser, détourner la tête, voire bailler ou m’étirer pour lui signifier que la situation est sereine.

Le plus gratifiant, c’est lorsque suite à un de ces signaux, mon chien plisse les yeux à son tour ou se couche, etc. Cela prouve qu’une réelle communication est née entre nous.

Postures et attitudes ni positives, ni négatives

Un chien qui semble très attentif, qui a les oreilles bien dressées (qui pivotent), le regard fixé et la queue relevée, n’est pas forcément un chien « bien dans ses pattes » et serein, mais il n’est pas non plus dans une situation d’inconfort : en clair, c’est un chien qui est dans un état d’alerte, il est finalement intéressé par son environnement, et notamment par un élément en particulier pour lequel il va développer tous ses sens pour parvenir à l’identifier.

Postures et attitudes traduisant un inconfort

Venons-en aux attitudes « d’avertissement » qui sont très certainement les plus importantes à observer, identifier et bien interpréter !

Un chien qui n’est pas à l’aise le montrera tout d’abord par des signaux corporels parfois très subtiles : léchage de truffe répétés ou bâillement par exemple.

Par ailleurs, un chien qui veut éviter une situation aura bien entendu dans un premier temps une attitude de fuite, mais il pourra aussi se secouer, se lécher ou vous tourner le dos par exemple. On observe souvent ce genre d’attitude lorsque par exemple en pleine séance d’éducation, le chien commence à en avoir marre, il nous fait alors comprendre que ça le saoule et que, pour la peine, il va s’occuper autrement (très grossièrement).

Surtout, si un chien souhaite fuir, il ne faut JAMAIS l’en empêcher ! Donc soit il peut être détaché et vous le laissez prendre ses distances, soit vous l’accompagnez dans un endroit où il sera plus serein. Car si vous bloquez un chien qui veut tout sauf rester dans telle ou telle situation, il pourrait se montrer agressif pour se sortir le plus rapidement de son malaise puisque son maître n’est pas en mesure de le faire.

Ensuite, si vous voyez un chien qui a le dos rond, les oreilles très basses, la queue entre les pattes et la tête baissée : c’est qu’il n’est absolument pas dans une situation qui le met à l’aise… Il est plutôt très inquiet et anxieux à ce moment là. Surtout, il ne faut absolument pas caresser un chien qui adopte une telle attitude, le rôle du maitre sera ici de tout faire pour apaiser son chien (détourner/attirer son attention, changer l’environnement, jouer, etc.).

Si une posture de peur et d’inconfort n’est pas bien interprétée, pas prise en compte ou même ignorée complètement, comme je l’indiquais précédemment, le chien pourra alors se retrouver dans une situation tellement inconfortable que sa solution pour s’en tirer sera l’agressivité. D’où l’intérêt majeur d’apprendre à lire son chien et donc de reconnaitre tous les petits signaux d’avertissement.

Les principaux signes d’agressivité chez le chien

  • Les poils en mode punk, complètement dressés sur le dos du chien.
  • Une queue droite, tendue et qui vient en continuité de la colonie vertébrale (parallèle au sol si vous préférez). En clair lorsqu’un chien est en mode « attaque », on pourrait quasiment placer une règle de sa tête à la pointe de sa queue, tout est presque sur le même axe.
  • Le chien aura des yeux « exorbités », la gueule presque fermée (à part s’il aboie évidemment), montrant ses dents en relevant ses gencives.
  • Lors des aboiements, on remarquera une nette différence d’intonation que lorsqu’il joue par exemple, l’aboiement sera accompagné de quelques grognements et coups de mâchoire dans le vide.

N’hésitez pas à lire notre article sur « comment communiquer avec son chien », il complètera celui-ci car les signaux d’apaisement y sont bien recensés et détaillés.




Nature de chien

Par Clémentine TURGOT

Éducateur canin comportementaliste chez Nature de Chien (www.naturedechien.fr)