Quels sont les signes des chaleurs chez la chienne ? Quand apparaissent-elles et à quel rythme reviennent-elles ? Combien de temps durent-elle ? Comment y faire face ? Qu’appelle-t-on les chaleurs atypiques ? Comment déterminer le moment de l’ovulation de la chienne ? Toutes les réponses sont ici !

Comprendre le déroulement des chaleurs et cycle sexuel de la chienne

Les chaleurs chez les chiennes correspondent aux périodes de pro-œstrus et d’œstrus au sein du cycle sexuel de la chienne. Elles durent en moyenne 3 semaines.

Ce cycle comprend les quatre phases successives suivantes :

  • le pro-œstrus marque le début des chaleurs. Cette phase dure de 5 à 20 jours selon les chiennes. Pendant cette période, les follicules ovariens grossissent et sécrètent de l’œstradiol (œstrogènes), une hormone ayant pour effet un développement de l’utérus et une dilatation du vagin et de la vulve,
  • L’œstrus est la deuxième phase de la période des chaleurs. Elle dure de 3 à 10 jours et comprend l’ovulation. Les ovaires libèrent alors des ovocytes primaires (ou ovocytes de types I) qui ne sont pas directement fécondables par les spermatozoïdes d’un chien mâle. Il faut encore à ces ovocytes une maturation de 48 heures pour devenir des ovocytes secondaires (ou ovocytes de type II) fécondables pendant 48 heures minimum. Pendant l’œstrus, on note un pic de LH (hormone lutéinisante), une diminution du taux d’œstrogène et une augmentation de celui de progestérone.
  • Le metœstrus ou diœstrus correspond à la phase lutéale pendant laquelle le corps jaune (formation temporaire à l’intérieur de l’ovaire) sécrète de la progestérone. Cette phase dure en moyenne 2 mois.
  • L’anœstrus correspond à une période de repos sexuel de 4 à 5 mois en moyenne pendant laquelle progestérone et œstradiol sont sécrétés mais en faible quantité. Cette durée est cependant variable selon les chiennes.

Apparition et rythme des chaleurs chez la chienne

Apparition des premières chaleurs chez la chienne

Le cycle sexuel de la chienne et l’apparition de ses premières chaleurs intervient vers ses 10 à 12 mois en moyenne. Chez les chiennes de petite race et chez le Berger Allemand, elles sont généralement plus précoces et peuvent apparaître dès les 5 à 6 mois de l’animal. A l’inverse, chez les chiennes de races géantes, les premières chaleurs peuvent n’apparaître qu’aux alentours des 24 mois de l’animal.

Les premières chaleurs sont généralement très discrètes et peuvent même passer complètement inaperçues pour le maître de la chienne. On parle alors de « chaleurs silencieuses ».

Durée des chaleurs chez la chienne

Une chienne a généralement ses chaleurs deux fois par an, avec des intervalles de 6 mois entre chacune des chaleurs en moyenne.

Cependant, l’intervalle qui sépare deux périodes de chaleurs – qu’on appelle l’interœstrus – peut être plus ou moins long selon :

  • la race de la chienne. Certaines races de chien sont connues pour avoir des chaleurs « rapprochées » par rapport à la moyenne des autres chiennes. C’est le cas de certaines femelles qui appartiennent aux races des Rottweilers ou des Bergers Allemands pour lesquelles il est normal d’exprimer des chaleurs tous les 4,5 à 5 mois. A l’inverse, d’autres races de chiens ont des chaleurs normalement plus espacées : tous les 8 à 9 mois pour certaines femelles Labradors ou Colleys voire tous les 12 mois pour des femelles appartenant à des races de chiens dites primitives (plus proches du loup).
  • le climat et/ou la saison. Contrairement au loup qui a une reproduction saisonnière, le chien est capable de se reproduire toute l’année. Cependant, le climat peut influencer la survenue des chaleurs et il semblerait qu’en climat tempéré, la majorité des chiennes aient leurs chaleurs au tout début du printemps.
  • la prise de certains médicaments. Certains médicaments peuvent perturber le rythme des chaleurs voire les stopper complètement. C’est le cas notamment des médicaments contenant des stéroïdes et des médicaments antifongiques.
  • ou bien encore la présence d’autres chiennes dans son entourage. Quand plusieurs chiennes vivent ensemble, deux phénomènes peuvent se produire : leurs chaleurs peuvent se synchroniser ou quelques chiennes peuvent arrêter d’avoir des chaleurs. Dans ce dernier cas, le fait de sortir la chienne de la meute suffit parfois à faire exprimer à nouveau ses chaleurs.

Retenez cependant que c’est surtout la régularité de la phase d’anœstrus (le « repos sexuel ») entre deux périodes de chaleurs qui est important chez une chienne plus que le rythme auquel votre chienne est censée avoir ses chaleurs. Si une chienne qui présentait des chaleurs régulières se met à avoir des chaleurs de plus en plus éloignées ou, au contraire, plus rapprochées, il est conseillé de consulter un vétérinaire sans trop attendre. Ce changement de rythme peut en effet traduire un problème ovarien ou une dysendocrinie.

Y a-t-il une ménopause chez la chienne ?

Non. Les chiennes ne connaissent pas comme les êtres humains la période de la ménopause durant laquelle les menstruations et l’ovulation stoppent. Les chiennes ovulent donc toute leur vie même si les chaleurs peuvent devenir moins fréquentes ou beaucoup plus discrètes chez les chiennes âgées.

Comment savoir si ma chienne est en chaleur ?

La période des chaleurs s’accompagne de signes physiques et d’un changement de comportement de votre chienne.

Lors des chaleurs, vous pourrez noter un changement de comportement chez votre chien femelle. Cette dernière peut devenir très câline voire un brin collante ou, au contraire, devenir plus agressive. Les autres chiens femelles sont en général mal acceptés alors que la compagnie des mâles est plutôt recherchée pendant l’œstrus, quitte à fuguer de votre domicile pour aller en retrouver un !

En dehors des changements comportementaux, ce sont les signes physiques et physiologiques qui vous indiqueront si votre chienne a ses chaleurs.

Pendant la première phase des chaleurs appelée pro-œstrus, la vulve de la chienne augmente de volume et des pertes sanguines vulvaires apparaissent. Ces pertes de sang sont plus ou moins importantes selon les chiennes. La femelle émet des phéromones sexuelles dans ses urines qui sont perçues par les mâles et les attirent. Cependant, la chienne refuse encore l’accouplement pendant cette phase.

Pendant la deuxième période des chaleurs durant laquelle a lieu l’ovulation – appelée œstrus – la vulve devient encore plus gonflée et les pertes vulvaires diminuent et s’éclaircissent jusqu’à parfois s’arrêter complètement. La chienne place d’ailleurs sa queue sur le côté lorsqu’un chien lui renifle l’arrière train. C’est à cette période que la femelle accepte la saillie et qu’elle est susceptible d’être fécondée par un mâle. L’acceptation du mâle dure plus ou moins longtemps selon les femelles, de quelques heures à plus d’une semaine pour certaines d’entre elles.

Peut-on “calmer” les chaleurs d’une chienne ?

Les chaleurs constituent un phénomène physiologique naturel et passager qu’il vous faudra prendre en patience si vous ne souhaitez pas faire stériliser votre chienne. Sachez qu’il existe également des « pilules contraceptives » pour chiennes mais que leur utilisation à long terme est déconseillée car elle entraîne des effets secondaires. Afin de calmer les comportements indésirables d’une chienne en chaleurs, il est possible d’avoir recours à l’homéopathie afin de « freiner ses ardeurs ». Vous pouvez ainsi essayer sans danger de lui administrer une dose d’Ovarinum et ou de Folliculinum 30CH, mais seulement si vous ne souhaitez pas la faire reproduire.

Pour résumer, les points essentiels à retenir :

  • Les premières chaleurs apparaissent à la puberté de la chienne : entre 6 et 24 mois, avec un âge d’apparition moyen à 10-12mois. Elles sont généralement discrètes.
  • Une chienne ovule au cours de ses chaleurs. C’est pendant cette période qu’elle est le plus susceptible d’accepter d’être montée par un mâle et qu’elle peut être fécondée.
  • La période des chaleurs dure environ 3 semaines en moyenne chez la chienne.
  • Une chienne a généralement ses chaleurs deux fois par an mais plus que la fréquence des chaleurs, c’est leur régularité qui importe le plus.
  • La période des chaleurs s’accompagne de variations hormonales, de signes physiques et d’un changement de comportement de votre chienne (et des chiens aux environs) résumés dans le tableau ci-après :
Phase du cycle sexuel de la chienneDurée moyenneVariations hormonalesSignes physiques visiblesChangements comportementaux
 

 

 

Période des chaleurs

(3 semaines en moyenne)

Pro-œstrus

 

5 à 20 joursŒstrogènes en hausse Progestérone quasi-nulleVulve très gonflée et turgescente

Pertes de sang vulvaires

 

Attirance des mâles

Refus de l’accouplement

Œstrus = ovulation

 

3 à 10 joursPic de LH le 1er jour de l’œstrus

Diminution des œstrogènes et augmentation de la progestérone

 

Vulve moins gonflée

Pertes vulvaires plus claires à absentes

Attirance des mâles et acceptation de l’accouplement
Phase lutéale (ou période de gestation en cas de fécondation)Metœstrus ou diœstrus57 à 65 joursProgestérone élevée (imprégnation hormonale) et chute à la fin de la phaseGestation ou non

A la fin de cette période : mise ou éventuellement lactation de pseudogestation

Refus du mâle
Période de repos sexuelAnœstrus2 à 9 moisŒstrogènes et Progestérones sécrétées en faible quantitéAbsence de pertes et vulve de taille normale (appareil reproducteur au repos)Néant

Les chaleurs atypiques chez la chienne

Chez certaines chiennes, il arrive que les chaleurs ne suivent pas le schéma habituel décrit ci-dessus. On parle alors de chaleurs atypiques.

Parmi ces chaleurs atypiques, on peut observer :

Les chaleurs « silencieuses »

On parle de chaleurs « silencieuses » chez la chienne lorsque les signes cliniques des chaleurs sont très discrets voire inexistants : pas ou peu de pertes vulvaires, absence de gonflement de la vulve et pas d’attirance des mâles.

Ces chaleurs silencieuses se produisent généralement lors des premières chaleurs de la chienne ou chez les chiennes âgées de plus de 10 ans. Certaines chiennes de petite race peuvent aussi présenter ce type de chaleurs atypiques.

Ce n’est pas parce que les chaleurs de la chienne passent inaperçues ou presque que la chienne n’ovule pas pour autant.

Les fausses chaleurs

Les fausses chaleurs sont aussi connues sous les noms de split-heats, chaleurs disjointes ou encore chaleurs fractionnées.

Dans un premier temps, les chiennes entrent normalement en période de chaleurs : elles présentent des pertes sanguines vulvaires pendant 3 à 10 jours, attirent les mâles et acceptent même parfois l’accouplement. Puis, les chaleurs s’interrompent brutalement sans que l’ovulation ne se produise. Après quelques jours ou quelques semaines, des chaleurs normales (accompagnées d’une ovulation) reprennent. Le plus souvent, ce sont les jeunes chiennes de moins de 2 ans qui connaissent ce phénomène de fausses chaleurs qui n’a d’ailleurs aucune incidence sur leur fertilité.

Les chaleurs persistantes

Les chaleurs persistantes sont des chaleurs très longues voire continues chez la chienne. Elles traduisent souvent la présence d’un kyste ovarien ou un problème d’hyperœstrogénisme et se rencontrent le plus souvent chez les chiennes âgées. La survenue de ces chaleurs persistantes justifie une consultation chez le vétérinaire.

Faire face aux chaleurs de la chienne

Si vous ne souhaitez pas que votre chienne fasse une portée alors il sera nécessaire de prendre quelques précautions pendant toute la durée de ses chaleurs :

  • Lors des promenades, tenez impérativement votre chienne en laisse. Même si votre chienne fait habituellement preuve d’un excellent rappel, ses chaleurs pourraient bien faire en sorte qu’elle vous désobéisse exceptionnellement pour aller à la rencontre d’un mâle aux alentours, surtout pendant sa période de fécondité,
  • Si vous avez un jardin, faites-en sorte de le sécuriser afin que votre chienne ne fugue pas pendant ses chaleurs et que les chiens mâles des environs ne puissent physiquement pas venir lui rendre visite. A défaut, les risques sont alors nombreux : accident de la route, amende, mise en fourrière, problèmes de voisinage en cas de fugue ou portée non désirée en cas de visite impromptue d’un chien mâle.

Vous devrez également avoir recours à l’utilisation de protections hygiéniques pour votre chienne afin qu’elle ne salisse pas votre intérieur lorsqu’elle perd du sang. Il existe des culottes de protection pour chien dans lesquelles on peut ajouter des serviettes hygiéniques ou des couches pour chien jetables. Même si les pertes de sang sont généralement minimes, elles peuvent cependant tacher très fortement les textiles. Il est préférable d’habituer votre chienne progressivement et positivement au port de ces protections et bien en amont de ces chaleurs afin qu’elle les accepte plus facilement le jour où elle en aura besoin.

Peut-on « stopper » les chaleurs de la chienne ?

Seuls les moyens de contraception empêchent la survenue de l’ovulation et celles des chaleurs. Cette contraception peut être provisoire (cas des « pilules contraceptives ») ou irréversible (cas de la stérilisation chirurgicale). Si vous ne souhaitez pas que votre chienne se reproduise, c’est la deuxième solution qui est à privilégier car elle annule le risque de développer un pyomètre, une grave infection de l’utérus et, lorsqu’elle est réalisée avant les premières chaleurs, elle est connue pour réduire les risques de survenue de tumeur mammaire.

Comment connaître le moment de l’ovulation chez une chienne en chaleur ?

Si vous souhaitez que votre chienne fasse des petits, il peut être intéressant de déterminer précisément le moment de son ovulation, autrement dit le moment idéal pour l’accouplement afin de maximiser les chances de procréation.  C’est d’autant plus utile si les propriétaires du mâle reproducteur ont besoin de faire plusieurs centaines de kilomètres pour faire la saillie ou si la chienne a déjà été saillie plusieurs fois sans résultats.

Pour ce faire, le vétérinaire peut réaliser des frottis vaginaux et un dosage hormonal de progestérone. En pratique, il suffit d’amener sa chienne chez le vétérinaire 5 à 6 jours après le début de ses chaleurs pour commencer le suivi par la réalisation d’un frottis vaginal. En fonction de l’observation des cellules présentes sur le frottis, le vétérinaire sera à même de déterminer si la chienne se trouve plutôt en début de pro-oestrus ou en fin de pro-oestrus. Si la chienne est en début de pro-oestrus, c’est que son ovulation n’est pas pour tout de suite ! En revanche, si elle est en fin de phase, le vétérinaire procédera à une prise de sang afin d’y doser la progestérone. C’est ce dosage qui permettra de confirmer ou non l’ovulation.

Suivre médicalement les chaleurs de votre chienne peut ainsi vous demander 3 à 4 visites chez le vétérinaire mais c’est le moyen le plus précis pour déterminer le moment de l’ovulation.

Bien évidemment, il est aussi possible – de façon plus empirique – de se baser sur l’observation de la chienne et de son comportement. Ainsi, la diminution des pertes vulvaires et leur éclaircissement sont des signes qui précèdent de peu l’ovulation. L’acceptation du mâle est quant à lui un critère peu fiable car elle peut survenir jusqu’à deux jours avant l’ovulation. Elle n’est en plus pas systématique chez toutes les chiennes en chaleur car les chiennes n’acceptent pas toujours les mâles que l’on a choisi pour elles. Certaines chiennes à fort tempérament ou particulièrement craintives peuvent refuser la saillie alors qu’elles sont en phase d’œstrus.




toutoupourlechien.com

Par Guylaine VANDEKERKHOVE

Co-fondatrice de toutoupourlechien.com et rédactrice santé & alimentation