Les différentes techniques d’apprentissage chez le chien

chien en plein séance d'éducation

En éducation comme en rééducation, il est important de connaître et de comprendre les différentes techniques d’apprentissage qui existent chez le chien.

Mais avant tout, l’apprentissage, qu’est-ce que c’est ?

Selon la définition, l’apprentissage est « le résultat de la réception, de l’intégration et du stockage dans la mémoire, d’informations auxquelles l’individu pourra faire appel en vue de l’exécution d’un comportement adapté ».
En clair, quand il s’agit d’éduquer un chien, il sera nécessaire de lui apprendre des indications qui seront ainsi enregistrées dans sa mémoire et qu’il pourra utiliser en fonction d’une situation précise. Concernant la rééducation, cela consiste à revenir sur un apprentissage pour le remplacer afin de modifier la réponse, autrement dit le comportement du chien à un moment donné.



Passons maintenant aux différents types d’apprentissage chez le chien :

Le conditionnement classique aussi appelé le conditionnement Pavlovien

Le conditionnement classique à été découvert par le médecin et physiologiste Yvan Pavlov à la fin du 19ème siècle. Cette découverte, qui lui valut le prix Nobel, commença par des études sur la digestion.

Le conditionnement classique, qui consiste à provoquer un conditionnement réflexe, à été découvert dans le cadre d’un dispositif expérimental réalisé avec des chiens.

La première étape de son expérimentation était de simplement donner des morceaux de viande à un chien, il nomma cela le stimulus inconditionnel. Ce stimulus provoque la salivation du chien et cette conséquence s’appelle la réponse réflexe automatique.

La seconde étape de son expérimentation consistait à associer le son d’une cloche à la présentation de la viande et de répéter ce processus plusieurs fois.

La troisième et dernière étape a été alors de ne proposer au chien que le son de la cloche sans donner de viande. La répétition de la deuxième étape eut alors comme conséquence que le simple son de cloche provoquait chez le chien la même réponse réflexe automatique que lors de la première étape, à savoir la salivation. C’est cette conséquence qui est appelée l’apprentissage par conditionnement.

Suite à cette observation, Palvov en a tiré plusieurs conclusions à savoir :

  • La répétition de la procédure est obligatoire pour obtenir la réponse réflexe,
  • Le son de la cloche, qui est le stimulus conditionnel, doit être présenté dans un temps pas trop éloigné du stimulus inconditionnel, à savoir le morceau de viande,
  • Par ailleurs, si le son de la cloche est proposé à de nombreuses reprises sans présentation de la viande, la réponse réflexe sera diminuée. On parle alors de principe d’extinction,
  • De même, si l’exercice n’est pas proposé durant une certaine période, on observe la même conséquence que pour le principe d’extinction, cela se nomme la récupération.

Le conditionnement opérant ou conditionnement Skinnérien

Le conditionnement opérant, à l’inverse du conditionnement classique, produit un comportement volontaire. Il existe quatre types de variables qui permettent de provoquer un conditionnement opérant :

  • Le renforcement positif,
  • La punition positive,
  • Le renforcement négatif,
  • La punition négative.

Avec ces quatre variables, il est possible soit d’augmenter un comportement, soit de le diminuer. Et pour cela, nous aurons la possibilité soit de présenter un stimulus positif ou négatif pour le chien, soit de le retirer.

Ainsi donc, voici comment cela se met en place concrètement :

1- Pour le renforcement positif, il s’agira de proposer un stimulus positif pour le chien qui augmentera le comportement souhaité et ce volontairement. Par exemple, donner une friandise à un chien après qu’il se soit assis.

2- Pour la punition positive, il s’agira de présenter un stimulus négatif pour le chien afin de faire diminuer un comportement. Par exemple, punir un chien d’un comportement non souhaité, ce qui entraînera la diminution volontaire de ce comportement.

3- Concernant le renforcement négatif, il faudra retirer un stimulus négatif pour le chien afin que cela augmente la probabilité de l’exécution d’un comportement. Par exemple, tirer sur la laisse de son chien et quand ce dernier est assis, arrêter de tirer.

4- Pour finir, la punition négative consiste à retirer un stimulus positif pour le chien dans le but de diminuer un comportement non souhaité. Par exemple, enlever une friandise à son chien parce qu’il saute, ce qui l’amènera à se calmer pour obtenir sa friandise. Le fait de retirer la friandise diminue le comportement de sauter.

L’apprentissage par « habituation »

Le principe de l’apprentissage par habituation consiste simplement à proposer à de nombreuses reprises une association afin de créer ou de modifier chez le chien un comportement. Par exemple, pour apprendre à un chien à s’asseoir sur indication, il faudra alors créer de nombreuses répétitions de cet exercice pour qu’il soit acquis.

Dans la même logique, si un chien est peureux en présence d’un aspirateur par exemple, changer ses associations en proposant de façon répétée des stimuli positifs à proximité de l’aspirateur modifiera l’association que le chien a de cet élément.

L’apprentissage par imitation

Le chien est capable d’imiter et donc d’apprendre, ou encore de changer de comportement en observant d’autres individus de son espèce. Dans cette logique, ce n’est plus le stimulus mais la réponse d’un autre individu qui déclenche le changement de comportement. Encore une fois, pour parler d’apprentissage, le principe de répétition est important. Dans la même logique, on peut aussi parler de la facilitation sociale, cela correspond au principe d’effet de groupe sans que cela ne soit forcément lié à un apprentissage.

L’apprentissage par observation

A l’inverse de l’apprentissage par imitation, (ou l’individu apprend en imitant uniquement son modèle sans prendre en compte les éléments qui ont incité le modèle à opter pour ce comportement) l’apprentissage par observation consiste à apprendre un comportement en observant l’ensemble des éléments qui ont amené le modèle à opter pour un comportement.

L’apprentissage latent

L’apprentissage latent se met en place sans qu’aucun stimulus positif ou négatif ne soit lié et sera utilisé ultérieurement. Par exemple, un chien découvre un nouveau terrain comprenant un abri sans pour autant être renforcé positivement à l’idée d’y aller. Avec l’apprentissage latent, en cas de mauvais temps, le chien aura le comportement de s’y abriter.

Voici donc les principaux types d’apprentissage qui existent chez le chien. Leurs mises en application dépendra des besoins, du contexte et de la cause d’un comportement à renforcer, modifier ou supprimer.

Clémentine Turgot
Educateur canin comportementaliste et formatrice chez Nature de Chien
www.naturedechien.fr

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