Mon chien est turbulent : que faire ?

Votre chien est sans cesse après vous, il fait tout pour attirer votre attention, il ne supporte pas vraiment la solitude et profite de vos absences pour transformer votre salon en réel terrain de jeux ?

 Vous avez un chien très turbulent, qui ne semble pas réussir à trouver la paix ?

Faisons le point sur les principales raisons d’un tel comportement et voyons ensemble la marche à suivre pour remédier à ces problèmes.



Identifier la cause de ce comportement

Vous avez le sentiment que votre chien ne sait tout simplement pas se poser, il aboie de manière excessive, saute sur tout le monde ou encore profite que vous ayez le dos tourné pour voler tout ce qu’il trouvera bon de s’approprier ? Tant de comportements gênants qui engendrent, chez vous, un agacement que je ne peux que comprendre. Malheureusement, votre relation en pâtit et la cohabitation devient très compliquée.

Vous êtes tout simplement tombé dans un cercle vicieux et vous seul pourrez changer les choses pour parvenir à débloquer cette situation. Et oui, sachez que plus votre chien vous agace, moins vous faites attention à lui, plus il cherchera à attirer votre attention en trouvant des moyens toujours plus improbables.

Il faut dans un premier temps trouver la cause de ce comportement car, croyez-moi, votre chien ne se réveille pas le matin avec pour objectif journalier de vous mener la vie dure. Ce comportement découle nécessairement d’un problème de fond que nous n’avez peut être pas encore identifié.

Les raisons qui peuvent pousser votre chien à être turbulent

Je vous propose de vous lister les raisons principales qui peuvent pousser votre chien à adopter ce genre d’attitude.

J’ajouterai également que, sans vous incriminer d’office, c’est dans 99% des cas l’attitude du maître qui déclenche un comportement, qu’il soit souhaité ou gênant, chez le chien.

Raison n°1 : Votre attitude envers votre chien a changé (trop) radicalement

Votre chien a toujours eu l’habitude que vous répondiez à ses demandes d’attention. Lorsqu’il venait vous voir pour une caresse ou une séance de jeux, vous répondiez à cette demande sans réfléchir et dans l’immédiat. Lorsqu’il aboyait pour sortir, vous vous empressiez d’ouvrir la porte et de même lorsqu’il voulait rentrer afin de ne pas créer de nuisances sonores pour les voisins.

Puis un jour, on vous a conseillé d’arrêter de répondre aux demandes d’attention de votre chien, on vous a même conseillé de lui faire « la tête » et de faire comme s’il n’existait pas pour que vous puissiez un peu reprendre le-dessus car il commençait à prendre trop de place au sein du groupe.

C’est, en effet, un conseil que je donne aux personnes qui viennent me voir lorsque l’on se rend compte que le chien n’arrive absolument pas à gérer sa frustration. Cependant, ce conseil est à nuancer et à bien expliquer. En effet, il est important de préciser qu’ignorer son chien lorsqu’il demande trop d’attention, ne signifie pas ne plus s’occuper du tout de lui. Auquel cas, effectivement, il trouvera d’autres « astuces » pour qu’on le remarque.

L’idée est donc, en effet, de ne pas répondre systématiquement aux demandes d’attention de son chien mais de lui apprendre la notion de frustration. Et pour lui apprendre cela, il doit comprendre que renoncer à quelque chose signifie gagner autre chose. De fait, si vous l’ignorez complètement, il n’aura jamais la possibilité d’apprendre en quoi renoncer est une bonne chose et donc il continuera toujours à essayer d’attirer votre attention. Le but étant d’être toujours à l’initiative des contacts avec son chien.

Par exemple : Mon chien aboie pour que je lui ouvre la porte, je ne lui ouvre pas immédiatement, j’attends qu’il se calme, je peux d’ailleurs lui demander un assis afin qu’il parvienne plus facilement à se calmer et une fois qu’il a réussi, je lui ouvre.

Un autre exemple : Mon chien me saute dessus pour attirer mon attention, je l’ignore (c’est à dire que je ne le regarde pas, je ne le touche pas et je ne lui parle pas), je peux d’ailleurs me tourner pour éviter tout contact, une fois que mon chien n’a plus ses deux pattes sur moi, je me tourne et le récompense. Si mon chien insiste et continue de me sauter dessus, je peux lui demander de s’asseoir ou d’aller au panier, s’il s’exécute, je le récompense.

Vous voyez la logique d’apprentissage ? En agissant ainsi, j’apprends à mon chien que lorsqu’il est calme, il obtient ce qu’il veut. Le tout étant de toujours être cohérent, il ne s’agit pas de l’autoriser à sauter lorsqu’il est propre et de lui interdire lorsqu’il revient d’une balade. J’ajouterai également que l’ensemble des membres de la famille doivent procéder de la même manière afin que l’apprentissage soit efficace, cohérent et juste.

Raison n°2 : Votre chien s’ennuie

Beaucoup de personnes adoptent des chiens sans forcément prendre parfois conscience des responsabilités que cela implique. J’entends énormément de personnes me dirent que lorsqu’elles rentrent de leur journée de travail, elles n’ont pas la motivation ni l’énergie pour s’occuper de leur chien. Il ne faut alors pas venir se plaindre ni s’étonner que le chien en question fait vivre un enfer à ses maîtres car ce chien est clairement en manque de dépenses. Il s’ennuie et pourrait même venir à adopter des activités de substitution qui pourraient nuire à son bon état de santé.

Lorsque l’on vit en appartement ou lorsque l’on a que peu de temps à consacrer à son animal, la simple décision d’en adopter ou non se pose et se réfléchit et ensuite le choix de la race est à prendre en considération. En effet, certaines races de chien seront plus aptes à accepter la solitude et une dépense modérée.

En revanche, ceci est valable pour toutes les races : votre chien a besoin de dépenses physiques mentales et olfactives tous les jours. Il ne s’agit pas d’envoyer le chien dans le jardin pendant 15 minutes pour qu’il fasse ses besoins, il s’agit de le sortir à l’extérieur de chez vous tous les jours pendant minimum 30 minutes.

De plus, sachez qu’un chien bien dépensé ne pensera qu’à une seule chose lorsqu’il se retrouvera seul : c’est de dormir ! Il n’aura donc plus envie de détruire vos meubles ou ronger tout ce qu’il trouvera à portée de truffe lorsqu’il se retrouvera seul sans rien avoir à faire.

Néanmoins, puisqu’il aura dormi tout le temps de votre absence, lorsque vous reviendrez chez vous, il faudra tout de même lui accorder du temps. Imaginez si on vous laisse dormir toute la journée, quand vient le soir, vous avez suffisamment d’énergie et surtout le besoin de la dépenser sinon vous tournez en rond et devenez fou. Et bien pour votre chien c’est la même chose.

Par ailleurs, je vous invite à lire notre article qui répertorie toutes les astuces pour occuper un chien lors de vos absences.

Raison n°3 : Votre attitude influe sur l’état émotionnel de votre chien

C’est bien connu, les chiens sont de vraies éponges à émotion, vous le savez. Mais le savoir ne signifie pas toujours le prendre en compte. Parfois, sans le vouloir et surtout sans en prendre conscience, on transmet énormément de choses à son chien.

A titre personnel, lorsque je me promène avec mon chien et que je suis agacée par telle ou telle raison, j’observe de manière très précise l’incidence que cela a sur mon chien : il tire sur sa laisse, est à l’affût de tout, se montre anxieux et/ou agité concernant des situations qui ne sont habituellement pas anxiogènes pour lui, etc. Alors que lorsque je suis calme, détendue et dans l’instant présent, mon chien me le rend bien, il m’écoute et profite de sa balade de manière détendue également.

Étant l’être de référence de votre chien, il viendra forcément se fier à vous pour adopter telle ou telle attitude. Et comme nous avons l’habitude de le dire chez Nature de Chien : soyez maître de vous avant d’être maître de votre chien. Cette phrase en dit long sur la marche à suivre, n’est-ce pas ? Ayez une attitude rassurante, non pas de dominant mais de référent.

Raison n°4 : Les apprentissages des auto-contrôles sont insuffisants

Dès que l’on adopte un chiot, il est très important de travailler les auto-contrôles afin de ne pas en faire un chien, une fois adulte, incontrôlable et ne sachant pas gérer la frustration.

Rien de plus simple pour apprendre à un chiot les auto-contrôles que de le faire par le biais du jeu, notamment en stoppant la séance dès que ce dernier commence à s’exciter de manière excessive.  Cet apprentissage permet à votre chien d’apprendre à se calmer « sur commande » mais aussi de comprendre que lorsqu’il se calme, il obtient ce qu’il souhaite, à savoir reprendre le jeu, avoir une friandise, une caresse ou son jouet préféré par exemple.

Ce conseil fait également écho à la notion d’initiative dans les contacts que je mentionnais un peu plus haut. Votre chien doit comprendre que c’est à vous de décider du début et de la fin du jeu, ou de toute autre activité.

Pour résumer

Pour résumer l’ensemble des points que nous avons vus, je vous propose une liste récapitulative de ce qu’il faut ou de ce qu’il ne faut pas faire lorsque l’on est face à un chien turbulent :

  • Ne pas répondre à toutes ses demandes d’attention.
  • Lui apprendre que « renoncer, c’est gagner ».
  • Être à l’initiative des contacts (caresses, jeux, etc.).
  • Être patient et ne rien lâcher.
  • Répondre à ses besoins de dépenses physiques, mentales et olfactives.
  • Le promener tous les jours en dehors du jardin pendant minimum 30 minutes.
  • Lui apprendre à jouer de manière contrôlée pour travailler les auto-contrôles.

Clémentine Turgot
Educateur canin comportementaliste et formatrice chez Nature de Chien
www.naturedechien.fr

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