Mon chien ne m’écoute plus en promenade

Que cela soit arrivé de manière soudaine ou bien que cela traîne depuis toujours, si votre chien ne vous écoute plus en promenade, cet article est fait pour vous.

Tout d’abord, il est important de se poser la question suivante : est-ce qu’il arrive que mon chien m’écoute de manière générale ? Eh oui, cela peut paraître tout bête mais si votre chien ne vous obéit ni à la maison, ni en promenade, c’est un autre problème et je vous invite alors à découvrir ou redécouvrir notre article traitant de ce sujet :  mon chien n’obéit pas.

Quant à vous, votre chien vous écoute relativement bien à la maison ou dans le jardin… Mais une fois passé le portail, c’est une autre affaire. Vous avez littéralement l’impression d’avoir un autre chien à vos côtés ! Enfin … à vos côtés, c’est vite dit car il fait clairement sa vie le plus loin possible de vous et ne fait plus du tout attention à toutes vos sollicitations dès lors qu’il y a quelque chose de plus intéressant à renifler et/ou à poursuivre.

L’importance des promenades quotidiennes pour le chien

Sachez tout d’abord qu’il est indispensable de sortir et dépenser son chien comme il se doit TOUS LES JOURS, et ce pendant plus de 30 minutes lors de chaque balade. Eh oui, votre chien ne peut pas passer la journée à vous attendre sans avoir le droit à une bonne dépense avant votre départ puis à votre retour. C’est « inhumain » de ne proposer à son chien que le jardin (qu’il connaît par cœur, même s’il est très grand) et d’éventuelles rares balades extérieures, de temps en temps mais que s’il fait beau et que si les enfants ont fini leurs devoirs… Pauvre bête !

De plus, cela renforce le côté « ingérable » de votre chien lors de ses rares sorties, ce qui est tout à fait justifié de la part de votre toutou !

Par ailleurs, j’ai souvent l’habitude de dire que lorsque quelque chose ne va pas, lorsque votre chien n’est manifestement pas branché sur la même fréquence que la vôtre, lorsque vous n’arrivez à rien avec lui… Et bien il faut se poser trois questions essentielles :

  • Ai-je la bonne attitude ?
  • Est-ce le bon moment pour solliciter mon chien ?
  • Ai-je appris tel ou tel comportement souhaité à mon chien auparavant ?



Adoptez-vous la bonne attitude avec votre chien ?

Si votre chien ne vous écoute plus c’est peut-être parce que tout simplement vous ne communiquez plus de la même manière. Alors, bien sûr, je le sais, nous n’avons pas les mêmes modes de communication que nos amis canidés c’est évident… Mais c’est à nous de nous adapter et faire en sorte que nos chiens nous comprennent. Vous n’avez sûrement plus le bon décodeur, tout simplement.

N’oubliez pas que votre chien ne parle pas français. De fait, si vous lui racontez votre vie et que vous lui parlez sans cesse, il finira par se mettre dans sa bulle car ce sera tout simplement trop difficile pour lui d’essayer de décoder vos dires.

En revanche, si vous ne parlez pas à votre de chien de toute la balade, et qu’à un moment précis, pour le rappeler, vous dites son nom suivi d’une indication de rappel… Là il y a de fortes chances pour que votre chien soit intrigué ! Essayez, et vous verrez !

De plus, vous devez avoir une attitude cohérente : vous devez renforcer positivement les bons comportements de votre chien. N’oubliez pas qu’un chien ira toujours vers ce qui est agréable pour lui, comprenez donc que vous devez être bien plus intéressant que le reste. Seulement voilà, parfois c’est difficile, voire impossible (d’où le point suivant sur le bon timing du signal). Mais lorsque vous obtenez satisfaction, vous devez impérativement renforcer cela car sinon votre chien n’aura plus de réel intérêt à vous écouter.

Solliciter son chien au bon moment

Voici le contexte : vous partez de chez vous, et une fois arrivé au parc, vous lâchez votre chien. A peine 30 secondes après l’avoir libéré, vous le rappelez parce qu’il part trop loin selon vous … Eh bien là par exemple : c’est un mauvais timing. Votre chien n’est peut-être pas sorti depuis des heures voire pour certains malheureux, des jours !!! Il faut donc lui laisser la liberté de sentir les odeurs et profiter de son temps (parfois rare) de détente et de dépense.

Notez également que si vous n’arrivez pas à le rappeler, et bien ne le lâchez tout simplement pas. Il faudra bien entendu retravailler le rappel en amont et de manière progressive avant de pouvoir relâcher votre chien dans un parc public par exemple. En attendant, la longe sera votre amie, n’hésitez pas à promener votre chien avec une longe de 10 à 15 mètres afin que votre chien soit en « semi-liberté ».

Un autre exemple assez significatif d’un mauvais timing, c’est lorsque l’on souhaite rappeler son chien sans grande raison (et donc sans cohérence) et qu’à la vue de la non réceptivité du chien, on passe à autre chose et on abandonne l’indication du rappel … Eh bien, bravo! Vous venez d’apprendre à votre chien qu’il ne sert à rien de faire attention à vous et vos signaux. En gros, votre voix et vos indications deviendront pour lui, à terme, un « bruit » du quotidien comme pourrait l’être le bruit des voitures qui passent dans la rue : votre chien n’y prête plus attention car c’est devenu un « non événement », une habitude.

De même que si vous rappelez un chien qui n’a que très peu de rappel de manière générale, qui n’a pas vraiment acquis cette indication et qu’en plus l’environnement est riche en distractions…vous vous mettez vous-même des bâtons dans les roues et vous apprenez encore une fois à votre chien à ne plus vous écouter !!!

Terminons par l’apprentissage

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi il est évident que l’on ne demanderait pas à un enfant de 3 ans de réaliser une division alors que les étapes précédentes de calcul à savoir l’addition, la soustraction et la multiplication n’ont pas été enseignées … C’est une évidence, n’est-ce pas ? Et bien pour nos chiens, c’est exactement la même chose. Tant que l’indication souhaitée n’est pas acquise à 100%, il est totalement contre-productif d’en attendre une bonne réalisation, surtout en promenade.

Chaque apprentissage doit être acquis de manière progressive, étape par étape. Prenons l’exemple du rappel, on peut comparer le rappel dans un parc public avec une multitude de distractions à la « division ». Maintenant, à vous de faire en sorte que votre chien comprenne son nom (l’addition), réponde favorablement à votre attitude accueillante : bras ouverts, position courbée, voix aiguë, etc.. (la soustraction), et enfin qu’il revienne lorsque vous l’appelez dans des endroits plus ou moins stimulants : votre jardin, la rue, la forêt, etc.. (la multiplication). Et ne passez à l’étape suivante que lorsque l’étape précédente est acquise avec différents niveaux de difficultés. Souvenez-vous, pour chaque apprentissage, vous avez trois leviers pour corser et renforcer l’exercice : la distance, les distractions et la durée.

Pour résumer

  • Apprenez à votre chien à vous écouter en commençant par lui apprendre son nom.
  • Trouvez la bonne technique d’apprentissage pour les différentes indications auxquelles vous souhaitez que votre chien réponde. Réajustez si vous voyez que ça ne fonctionne pas, ne vous braquez pas et surtout ne vous énervez pas : changez de méthode tout simplement !
  • Chaque indication doit être acquise étape par étape suite à la réussite de chacune d’entre elles.
  • Les apprentissages doivent être progressifs, notamment en termes de difficultés liées à l’environnement de plus en plus stimulants.
  • Renforcez votre relation en ayant une attitude juste et cohérente vis-à-vis de votre chien, de ce que vous acceptez ou non.
  • Si vous savez que votre chien ne vous écoutera pas : ne le détachez pas, ne vous mettez pas en situation d’échec !
  • Ne parlez pas à votre chien « pour ne rien dire ». Donnez de l’importance et de la rareté à chaque indication.

Clémentine Turgot
Educateur canin comportementaliste et formatrice chez Nature de Chien
www.naturedechien.fr

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