Mon chien pleure : causes et solutions

Votre chien se met à pleurer, ne supporte pas bien votre absence ? Dès que vous fermez la porte de chez vous, il propose une démonstration de ce qu’il sait faire avec ses cordes vocales ?

Vos voisins commencent à se plaindre et vous ne savez plus comment faire pour résoudre ce problème ?

Voyons ensemble les solutions concrètes à mettre en place afin que votre chien cesse ce comportement plus que gênant, que ce soit pour vous ou toutes les personnes qu’il arrive à atteindre avec ses vocalises qui n’en finissent plus.



Identifier la cause du problème

Avant tout chose, vous commencez à le savoir, à tout problème, non pas sa solution, mais sa cause. Et oui, sans avoir tout d’abord isolé la cause du problème, on ne peut pas le régler de manière juste efficace et rapide. Il est nécessaire de trouver la cause, trouver l’élément déclencheur des pleurs de votre chien afin de proposer un travail adapté.

Si votre chien pleure et pousse des vocalises sans raisons apparentes, que ce soit en journée ou la nuit, vous devez absolument éliminer toutes causes physiques. Pour ce faire, n’hésitez pas à vous rendre chez votre vétérinaire afin de vous assurer que cela ne vient pas d’un problème médical.

En revanche, si votre chien pleure uniquement quand vous êtes absent, uniquement lorsqu’il n’a plus de contact visuel avec vous ou lorsqu’il n’a pas votre attention, la cause est bien entendue comportementale. Votre chien pourrait être atteint de ce que l’on appelle une anxiété liée à la séparation du maître. Pour régler ce problème, il est indispensable d’apprendre à votre chien à gérer la solitude, je vous propose, un peu plus bas, tous mes conseils pour y parvenir.

De plus, lorsque vous adoptez un chiot ou un chien adulte, un attachement se crée et c’est très bien car cela renforce la relation que le chien a avec son maître. En revanche, il est nécessaire que cet attachement n’ait pas de conséquences comportementales ingérables, vous devez alors procéder progressivement au détachement.

J’entends très souvent des propriétaires de chiens me dire que leur chien les suit même jusqu’aux toilettes et que c’est vraiment trop mignon : NON, ce n’est pas mignon, c’est un trouble du comportement.

Chien qui pleure :  7 conseils pour mieux gérer cette situation

Je vous propose donc 7 petits conseils pratiques et concrets pour apprendre à votre chien à mieux gérer la solitude ainsi qu’apprendre à gérer sa frustration.

Conseil n°1 : Soyez à l’initiative des contacts

N’accordez pas trop d’attention à votre chien, ne répondez pas systématiquement à ses demandes de caresses ou de jeux car en agissant ainsi vous ne l’aidez pas à gérer ses émotions, et notamment celle de la frustration. Imaginez que si nous, adultes, n’avions pas appris à gérer le sentiment de frustration, nous ferions des crises et des caprices sans cesse, comme des enfants. La vie en société ne serait donc absolument pas gérable.

Et bien pour nos amis les chiens c’est la même chose. De fait, lorsque votre chien vient vous réclamer une attention particulière, que ce soit sa tête sur votre jambe, des vocalises, son jouet à vos pieds, etc. n’y répondez pas. Sachez qu’un chien met en moyenne 5 à 15 minutes pour passer à autre chose (oui oui, un vrai poisson rouge), sachant cela, attendez qu’il se détourne de vous et à ce moment précis, vous pouvez l’appeler pour commencer une séance de jeu, une caresse ou autre. En clair : soyez toujours à l’initiative des activités avec votre chien !

Conseil n°2 : L’apprentissage de la solitude pas à pas

Apprenez à votre chien à gérer la solitude de manière progressive ! C’est très important car vous ne parviendrez à aucun résultat concluant si vous laissez votre chien seul sans aucune transition.

Dites vous bien que lorsque vous adoptez un chiot, il passe d’un élevage où il est 24h/24h avec sa mère et ses frères et sœurs, à une maison avec un rythme quotidien particulier, c’est un changement très brutal pour lui. Je vous conseille donc d’apprendre à votre chien que votre absence est synonyme de plaisir en lui laissant un jouet d’occupation avec des friandises dedans lorsque vous quittez la pièce afin qu’il s’occupe et associe votre départ à quelque chose de positif.

Ensuite, vous pouvez aussi enfermer votre chien dans une pièce, toujours avec un jouet d’occupation, et augmenter le temps de solitude de manière progressive : 5 minutes, puis 10, puis 15, etc. Bien entendu, si votre chien pleure ou gratte à la porte, on ne lui ouvrera pas, sinon il comprendra très vite que c’est LA solution pour sortir. On attendra donc que le chien soit calmé pour ouvrir la porte.

Vous l’aurez compris, l’apprentissage de la solitude se fait dans un premier temps en votre présence à la maison. Dites-vous bien que si votre chien n’arrive déjà pas à gérer ses émotions lorsqu’il n’est pas dans la même pièce que vous, qu’est-ce que ce sera lorsqu’il sera seul à la maison… ?

Conseil n°3 : Un panier confortable pour une zone d’apaisement au top !

Proposez un panier confortable à votre chien et apprenez lui à y aller sur commande. Une fois cette indication acquise, vous pourrez lui demander d’aller dans son panier lorsqu’il sera trop pot de colle avec vous. Attention, il ne faut pas que le panier soit synonyme de punition, répétez plusieurs fois dans la journée cette indication afin qu’il soit habitué à être dans sa « zone refuge ».

J’ajouterai également pour le panier qu’il ne doit pas se trouver dans un endroit avec beaucoup de passage, privilégiez un coin de votre pièce à vivre où votre chien ne sera pas sans cesse dérangé afin qu’il apprécie s’y rendre pour dormir.

Conseil n°4 : Stop aux rituels de départ et d’arrivée

Lorsque vous partez de chez vous, ne dites pas au revoir à votre chien. Ignorez-le comme si vous alliez chercher votre courrier à la boite aux lettres. Faites de même lorsque vous revenez chez vous, prenez le temps d’entrer, enlevez vos chaussures, posez votre manteau, votre sac, et ensuite appelez votre chien pour qu’il vienne vous dire bonjour. En effet, si vous le félicitez de vous sauter dessus vous lui apprenez tout d’abord que « c’est bien » de sauter et ensuite vous validez inconsciemment son état de stress. Je m’explique : lorsque votre chien vous fait la fête à votre retour, c’est une manière pour lui d’extérioriser tout le stress et l’anxiété accumulés lors de votre absence, ignorez donc ce comportement.

Conseil n°5 : Désensibilisation d’actions liées aux départs

Vous savez, votre chien passe la plupart de son temps à vous observer, il lit en vous comme dans un livre ouvert et vous n’avez aucun secret pour lui. De fait, lorsque vous vous levez pour mettre vos chaussures, prendre votre manteau, votre sac ou vos clés, votre chien fait très vite le lien avec le fait qu’il va rester seul. Je vous propose donc de désensibiliser votre chien à ces actions là. Sans raison particulière, lorsque vous êtes chez vous, mettez et enlevez votre manteau, idem pour vos chaussures, secouez vos clés, etc. Afin que ces actions n’aient plus pour conséquence votre départ.

Conseil n°6 : Plus c’est petit, plus c’est sécurisant

Réduisez l’espace de votre toutou lorsque vous partez. Il n’a pas besoin d’avoir accès à toute la maison et, au contraire, cela provoquera un stress supplémentaire chez lui car il aura beaucoup de portes et fenêtres à « checker » et surveiller. Si les absences ne dépassent pas 3 ou 4 heures, je vous recommande même une caisse de transport car cela le sécurisera davantage, seulement si cette dernière est assimilée à quelque chose de positif bien entendu, cela nécessite évidemment un apprentissage en amont.

Et, sachez que, NON, ce n’est pas maltraitant de laisser son chien dans une caisse de transport tant que celle ci est d’une taille adaptée et que les temps d’absences n’excèdent pas maximum 4 heures.

D’ailleurs, à ce propos, laissez-moi vous raconter une anecdote : un jour, des personnes sont venues me demander conseils pour que leur chienne arrête de tout détruire, de pleurer et aboyer lorsqu’elle était toute seule. Ces personnes étaient désespérées et venaient d’acheter un collier électrique contre les aboiements. Je leur ai donc parlé, entre autre, de cette solution : la caisse de transport afin de réduire l’espace et donc l’anxiété de leur chienne… Et bien ils m’ont répondu que la caisse de transport c’était beaucoup trop dur et maltraitant, qu’ils ne pouvaient pas de résoudre à enfermer leur chienne. En revanche, lui mettre un collier à décharges électriques : aucun problème ! Allez comprendre …

Conseil n°7 : L’occuper, le dépenser, le stimuler

Il est très important d’occuper un chien lorsqu’il est seul afin qu’il puisse dépenser un minimum son énergie notamment avec des stimulations mentales. N’hésitez pas à cacher des friandises afin qu’il s’amuse et s’occupe à les chercher. Vous pouvez également lui proposer un jouet d’occupation type Kong avec des friandises à l’intérieur, une bouteille en plastique fera également l’affaire. Mais surtout, avant et après chaque période d’absence, proposez des temps de dépenses physiques et mentales à votre toutou. Et oui, que fait un chien fatigué ? Et bien il dort…

Clémentine Turgot
Educateur canin comportementaliste et formatrice chez Nature de Chien
www.naturedechien.fr

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