La myélopathie dégénérative du chien

La myélopathie dégénérative du chien
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Qu’est-ce que la myélopathie dégénérative du chien ? Comment se manifeste-t-elle ? Comment est-elle diagnostiquée, y faire face et la prévenir ?

Qu’est-ce que la myélopathie dégénérative du chien ?

La myélopathie dégénérative du chien, ou radiculo-myélopathie chronique dégénérative, est un trouble neurologique lié à une dégénérescence des fibres nerveuses et à une démyélinisation (perte de la substance qui sert à isoler et à protéger les fibres nerveuses) de la moelle épinière.

Bien que les origines précises de l’affection restent à ce jour inconnues, il s’agit d’une maladie héréditaire qui a donc des causes génétiques - parmi d’autres facteurs - et plus précisément une mutation du gène SOD1 sur le chromosome 31 du chien.  Plusieurs races de chiens sont ainsi connues pour y être prédisposées comme le Berger Allemand, le Husky Sibérien, le Welsh Corgi, le Rhodesian Ridgeback, le Boxer ou le Bouvier Bernois parmi bien d’autres races.

L’« équivalent humain » de la myélopathie dégénérative ascendante du chien serait la maladie de Charcot, autrement connue sous le nom de sclérose latérale amyotrophique.

Myélopathie dégénérative du chien : les symptômes

Les symptômes de la myélopathie dégénérative du chien apparaissent très progressivement chez le chien âgé si bien qu’on les assimile souvent à des troubles liés à l’âge.

Ils consistent en :

  • une ataxie et des troubles neurologiques localisés sur les pattes arrière qui entraînent une anomalie de la démarche, une paralysie d’abord légère des membres postérieurs (qui s’aggrave ensuite) et un défaut de coordination du train postérieur,
  • une usure des griffes causée par leur frottement sur le sol en lien avec le symptôme évoqué ci-dessus. Le chien, qui n’a alors plus conscience de la position de ses pattes arrière, va les traîner derrière lui lors qu’il marche.
  • une amyotrophie des postérieurs, c’est-à-dire une atrophie des muscles des pattes arrière.

Petit à petit, ces symptômes s’intensifient jusqu’à gagner les pattes avant du chien puis sa cage thoracique et à provoquer la paralysie complète de l’animal si ce dernier n’est pas euthanasié avant.

Les signes cliniques se déclarent entre les 4 et les 14 ans de l’animal, avec un âge d’apparition moyen des premiers symptômes aux alentours des 8 à 10 ans. Ils évoluent sur une période qui va de 6 mois à 3 ans. Très invalidants pour le chien, ils ne sont pourtant associés à aucune douleur pour l’animal.

La maladie peut entraîner des complications comme la formation d’escarres sur le train arrière.

Diagnostic de la myélopathie dégénérative

Le diagnostic de la myélopathie dégénérative passe d’abord par un examen clinique de l’animal et par un examen neurologique au cours duquel le vétérinaire va notamment évaluer les réflexes de l’animal et mettre en évidence la présence de déficits proprioceptifs.

Pour confirmer son diagnostic, le vétérinaire pourra également avoir recours à des examens complémentaires comme :

  • une myélographie (radiographie utilisant un produit de contraste iodé dans le but de détecter des affections de la moelle épinière), une radiographie du rachis sans préparation, un scanner ou une IRM,
  • une ponction du liquide céphalorachidien,
  • éventuellement, un test ADN afin de voir si l’animal est porteur de la mutation génétique qui intervient dans l’apparition de la maladie. Si le chien est porteur de la mutation, cela ne signifie pas que les symptômes observés sont dus nécessairement à la myélopathie dégénérative mais que l’animal est susceptible de développer la maladie au cours de sa vie et que ses symptômes y sont peut-être liés.

Généralement, le diagnostic de la myélopathie dégénérative est un diagnostic d’exclusion. Les examens ne servent en effet qu’à exclure d’autres pathologies qui entraîneraient des symptômes similaires chez l’animal comme une tumeur, une hernie discale de type II etc.

Le diagnostic de certitude n’intervient généralement qu’à la mort de l’animal, après laquelle il est possible de procéder à une analyse histologique de sa moelle épinière.

Un traitement pour la myélopathie dégénérative ?

Hélas, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de la myélopathie dégénérative du chien ni même de traitement qui ralentirait sa progression. Lorsque la maladie se déclare, elle évolue irrémédiablement vers une paralysie de l’animal dans les 12 à 18 mois qui suivent le diagnostic si bien que le vétérinaire préconise le plus souvent l’euthanasie lorsque les premiers signes de paralysie générale s’installent.

En revanche, il est possible et même recommandé de maintenir un minimum d’activité physique pour le chien afin conserver sa masse musculaire et ses capacités de déplacement. La physiothérapie, la nage et l’hydrothérapie sont donc conseillées. Il est également possible d’aider son chien à maintenir son activité physique en l’aidant à se déplacer à l’aide d’une sangle ou d’une serviette.

Comment prévenir la myélopathie dégénérative ?

Il existe un test génétique, disponible pour toutes les races de chien, qui permet d’écarter les reproducteurs à risque de la reproduction.

Ainsi, par mesure de précaution, les animaux hétérozygotes pour la mutation du gène ou homozygotes pour le gène muté devront idéalement être écartés de la reproduction. Le but est bien évidemment qu’ils évitent de transmettre la mutation à leurs descendants.

Homozygote, hétérozygote : késaco ?

Chez le chien, pour un individu, chaque gène existe en 2 exemplaires : l’un provenant de son père et l’autre de sa mère.
Chaque gène existe sous plusieurs variantes qu’on appelle des allèles. Ainsi, le chien est dit homozygote s’il possède, pour un gène donné, 2 allèles identiques et hétérozygote s’il possède 2 allèles différents du même gène. Pour le gène en partie responsable de la myélopathie dégénérative, un chien hétérozygote possèdera donc un allèle « normal » et un allèle « muté ».



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