Des articles parus récemment dans le Wahington Post et dans le Parisien font tous deux des constats alarmants concernant la santé de nos chiens. Et si la cause de ces deux problèmes était commune ?

Trop de chiens sous anti-dépresseurs ?

« Y a-t-il trop de chiens sous anti-dépresseurs ? » C’est la question que soulève le Washington Post dans un article daté du 28 avril 2018. On y apprend qu’aux États-Unis, 8 % des propriétaires de chiens ont donné des médicaments psychotropes à leur animal au cours des 12 derniers mois en vue de soulager des problèmes d’anxiété ou comportementaux.

Aux états-Unis, la FDA (Food and Drug Administration, l’« Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux ») a même donné son aval pour que plusieurs médicaments, formulés à l’origine pour les êtres Humains, puissent être utilisés sur les animaux de compagnie. C’est le cas par exemple du Clomicalm, un antidépresseur désormais détourné pour calmer l’anxiété de séparation chez le chien, ou bien encore du Sileo, un sédatif utilisé pour calmer les aversions aux bruits.  Mais, aujourd’hui, la plupart des médicaments psychotropes prescrits aux animaux de compagnie américains le sont hors AMM, c’est-à-dire pour une autre pathologie que celle pour laquelle le médicament a été initialement approuvé.

En 2016 une enquête menée chez les vétérinaires pour animaux de compagnie a même révélé que 83 % d’entre eux avaient prescrit hors AMM un antidépresseur à base de Fluoxetine (le célèbre Prozac pour humain) à des chats et des chiens pour traiter des problèmes de malpropreté et d’agressivité. Un article publié sur le site web The Daily Puppy a même présenté un médicament antipsychotique utilisé chez les humains pour traiter les symptômes de la schizophrénie et les troubles bipolaires comme une solution « pour améliorer le comportement de votre chien ».

Carlo Siracusa, de l’école vétérinaire de l’Université de Pennsylvanie voit le bon côté des choses, en déclarant

 je vois le recours plus fréquent aux médicaments psychoactifs comme l’acceptation, y compris par la Communauté scientifique, de parler davantage de peur, de stress et d’anxiété chez les animaux

Il ajoute également que l’usage des médicaments psychoactifs représente une alternative aux méthodes de dressage coercitives comme par exemple les colliers électriques utilisés pour les chiens qui aboient trop. Il déclare aussi :

Si vous donnez des médicaments à votre chien, vous devez au moins en parler à un vétérinaire alors que si vous utilisez un collier électrique, vous n’avez qu’à l’acheter sur Amazon. […] Les médicaments psychoactifs présentent probablement moins de danger pour l’animal que les mauvais traitements que les propriétaires seraient en mesure de leur infliger quand ils sont gênés par leur comportement.

Des propos qui mettent en lumière le fait que la frontière entre l’usage thérapeutique de ces médicaments à des fins de convenance personnelle des propriétaires est plutôt floue. Ce discours est également une façon de déculpabiliser un peu de nombreux propriétaires de chiens qui imposent à leur animal des conditions de vie pour lesquelles ils ne sont clairement pas faits.

Sans grande surprise, l’article du Washington Post fait état d’études qui montrent que les chiens qui ne sont pas assez promenés ou qui restent longtemps et souvent seuls sont plus à risque de développer les troubles du comportement comme des aboiements intempestifs ou des comportements destructeurs . Le plus souvent, c’est en effet un manque de stimulation qui provoque chez eux des comportements que l’on cherche alors à maîtriser à coups de camisole chimique alors que, dans bien des cas, la solution consisterait simplement à répondre à leurs besoins de dépenses physiques mentales et sociales….

Bien sûr, les médicaments psychotropes restent utiles dans certains cas graves de troubles du comportement mais leur action doit toujours être combinée à une thérapie comportementale.

Trop de chiens obèses

Dans les colonnes du Parisien, c’est l’obésité galopante de nos boules de poils qui est pointée du doigt. C’est Marianne Diez, professeure de nutrition animale des carnivores domestiques à la faculté de médecine de l’école vétérinaire de Liège (Belgique), qui tire la sonnette d’alarme dans un article daté du 3 mai 2018.

On y apprend que, depuis 15 ans, les cas d’obésité ont explosé chez nos animaux domestiques. En France comme en Belgique, 30 % des chiens seraient à ce jour en surpoids. Un constat alarmant étant donné que le surpoids représente un facteur de risque supplémentaire de développer des maladies chroniques qui affectent la qualité de vie et la longévité de nos animaux. En cause de cette épidémie : des animaux trop nourris et auxquels on ne propose pas suffisamment d’activité physique

Alors, troubles du comportement et obésité, même combat ?

Pour lutter contre l’obésité et les risques d’apparition de troubles du comportement chez le chien, la solution ne serait est-elle pas simplement de promener davantage nos chiens ?

Si les troubles du comportement liés à l’obésité sont des pathologies complexes qui nécessitent une prise en charge par un professionnel, vétérinaire et/ou éducateur comportementaliste canin, il n’en reste pas moins qu’une promenade quotidienne d’au minimum 30 minutes consécutives permet dans tous les cas et à coup sûr d’améliorer les choses.

Dans le cas des problèmes de poids, elle permet d’augmenter les dépenses énergétiques du chien et de l’aider, en complément de mesures diététiques, à se soulager de son poids en trop.

Pour les problèmes comportementaux, une balade où le chien aura l’occasion de se dépenser physiquement, de sentir des odeurs et de rencontrer des congénères permettra d’appuyer l’efficacité de toutes les thérapies comportementales et les séances d’éducation que vous pourrez proposer à votre chien. Votre chien compte sur vous pour répondre à ces besoins! Engagez-vous à y répondre, c’est de votre responsabilité de maître !




toutoupourlechien.com

Par Guylaine VANDEKERKHOVE

Co-fondatrice de toutoupourlechien.com et rédactrice santé & alimentation