Plusieurs chiens à la maison : réussir la cohabitation

faire cohabiter plusieurs chiens

Que vous ayez déjà un chien et vous souhaitez en adopter un deuxième, que vous gardiez de manière ponctuelle le chien d’un ami, que vous ayez envie d’adopter deux (ou plusieurs) chiens en même temps, ou pour n’importe quelle autre raison : la cohabitation entre deux ou plusieurs chiens à la maison peut parfois poser problème : voyons comment faire pour bien gérer la cohabitation entre plusieurs chiens.

Le contexte est important

Comme je l’indiquais dans l’introduction, différentes situations peuvent vous amener à faire cohabiter plusieurs chiens dans la même maison.

Toutefois, que ce soit de manière ponctuelle ou à titre définitif, plusieurs éléments sont à prendre en considération et surtout plusieurs facteurs sont à surveiller et règles à mettre en place pour favoriser une bonne entente et donc une cohabitation sereine entre tous les chiens présents sous le même toit.

Le choix des chiens à faire cohabiter

Bien entendu, le choix des chiens à faire cohabiter ensemble sera déterminant. Sachez que la bonne entente entre tous les chiens n’existe pas et que, comme pour nous, certains auront des affinités, d’autres pas du tout.

Cela ne signifie pas que la cohabitation ne sera pas possible mais elle sera toutefois plus compliquée. Je pense notamment à deux chiens mâles, non castrés et déjà adultes qui n’ont pas été habitué à vivre ensemble.

De plus, cela dépendra également des caractères de chaque individu car certains chiens accepteront sans problème de partager leurs ressources quand, d’autres, faute de bonnes expériences et/ou d’habitude, auront beaucoup plus de difficultés à gérer ce genre de situation.

Enfin, pour être quasiment certain que la cohabitation se passe bien, privilégiez :

  • deux chiens de sexes opposés,
  • un chien adulte équilibré et un chiot,
  • deux chiots,
  • deux mâles castrés (ou un mâle castré et l’autre pas, cela peut également s’envisager).

Une présentation réussie

Ensuite, que la cohabitation se fasse dans n’importe quel contexte, il faudra proposer aux chiens concernés une présentation avant de les « enfermer » tous sous le même toit. Voyons les points à respecter pour que la présentation soit réussie.

  • Privilégiez un lieu de rencontre neutre (ni chez l’un, ni chez l’autre).
  • L’endroit de la rencontre ne doit pas être étriqué, les chiens doivent pouvoir courir et surtout avoir la possibilité de « fuir » s’ils ne se sentent pas rassurés par la présence de tel ou tel chien.
  • Un endroit confiné pourrait déclencher des conflits qui n’auraient pas forcément eu lieu dans un endroit vaste et ouvert.
  • La présentation doit se faire en mouvement : ne restez pas les bras croisés en statique en attendant de voir ce qu’il se passe.
  • Ainsi, proposer aux chiens concernés de partir en balade.
  • La meilleure des rencontres se passera sans laisse, pour que chaque chien soit libre de ses mouvements. La laisse (et notamment l’éventuelle tension mise dedans) pourrait venir déclencher un conflit puisque le chien en question n’aurait pas la possibilité de fuir.

N’intervenez pas, laissez les chiens communiquer entre eux car l’intervention humaine pourrait biaiser la rencontre (nous verrons ensuite comment intervenir s’il y a conflit). Un chien qui grogne n’est pas nécessairement un chien qui va attaquer, c’est simplement un chien qui communique. Après, libre à vous d’intervenir si vous observez que les signaux d’avertissement de tel chien ne sont pas lu/compris par les autres chiens présents.

Les règles de vie à mettre en place

L’importance sera surtout de mettre en place des règles de partage des ressources afin que la cohabitation soit sereine et harmonieuse.

Partager des ressources ne signifie pas tout faire à deux, manger les mêmes croquettes et dormir au même endroit : cela signifie surtout tolérer la présence de l’autre tout en ayant accès à une ressource (une place, une gamelle ou un jouet).

Gestion de la ressource « nourriture »

Les chiens doivent manger seuls et en une fois (ou deux par jour si ce sont des gros gabarits) : surtout pas de libre-service. Les chiens doivent manger dans un environnement tranquille. Pour qu’il n’y ait pas de conflits, le mieux étant de les éloigner l’un de l’autre lorsqu’ils mangent pour ne pas les inciter à vouloir protéger leur gamelle.

De plus, certains chiens pourront développer un comportement « glouton » s’ils sont habitués à se faire piquer leur nourriture et cela pourrait avoir des conséquences malheureuses sur leur santé.

Ensuite, il sera préférable d’apprendre aux chiens présents la position d’attente avant d’accéder à leur gamelle. Ainsi, on demandera un « assis » ainsi qu’un « pas bougé » ou un « tu attends » aux chiens pour ensuite déposer les gamelles au sol et leur indiquer qu’ils peuvent manger. Cela permet au maître de rester dans le contrôle de cette ressource mais aussi de pouvoir prendre le temps de déposer toutes les gamelles sans que certains commencent avant d’autres ou qu’il y ait plusieurs chiens qui se ruent sur une seule et même gamelle.

Toutefois, il existe un petit exercice à proposer aux chiens concernés par la cohabitation pour les habituer à « partager » :

Étape 1 : Munissez-vous de friandises.

Étape 2 : Placez les chiens devant vous, en « assis, pas bougé ».

Étape 3 : Donnez une friandise aux chiens chacun leur tour, en maintenant le « pas bougé » de tous les chiens présents.

Étape 4 : Proposez leur une friandise de manière totalement aléatoire.

Gestion de la ressource « panier »

Tous les chiens présents au sein de la même maison doivent avoir une place attitrée et celle-ci doit être respectée de tous.

La place de chacun devra se trouver dans un coin de la pièce à vivre (le salon), un endroit calme, sans trop de passages et où le chien sait qu’il peut être tranquille.

Je recommande vivement l’installation de caisse/niche d’intérieur pour que chaque chien puisse s’y réfugier lorsqu’il en a envie. La caisse sera beaucoup plus sécurisante qu’un simple panier où le « danger » (d’un point de vue canin) peut survenir de tous les côtés.

Si les chiens concernés par la cohabitation ne s’entendent pas (pour x ou y raison), privilégiez la séparation des « places » dans des pièces différentes, sans toutefois isoler complètement l’un des chiens. Les places doivent se trouver dans des endroits fréquentés par l’ensemble de la famille afin que le chien ne perçoive pas cet endroit comme une punition par le biais d’un isolement social.

Gestion de la ressource « jouet »

Certains chiens auront des facilités à partager leurs jouets quand d’autres auront un instinct de possession très développé. Dans tous les cas, je ne recommande pas les séances de jeu, avec jouet, avec plusieurs chiens car cela peut vite dégénérer.

Bien entendu, si des chiens se connaissent très bien, qu’ils sont habitués à jouer ensemble et qu’il n’y a aucune possessivité, vous pouvez tout de même leur proposer des séances de jeu incluant un jouet. Mais sachez que plusieurs chiens entre eux, s’ils s’entendent bien, qu’ils sont équilibrés et bien « codés » parviendront à jouer ensemble sans avoir besoin de jouets spécifiques.

Gestion de la ressource « contact »

En tant que maître, vous devez être à l’initiative des contacts, et ce avec tous les chiens présents. Chaque chien doit comprendre qu’il ne peut pas prendre contact uniquement lorsqu’il en a envie sinon, avec plusieurs chiens, vous serez vite dépassé.

Ainsi, si l’un des chiens vient vous voir pour réclamer caresses ou séance de jeu par exemple, ignorez-le (pas parler, pas toucher, pas regarder) et une fois qu’il est passé à autre chose : appelez-le pour lui proposer ce qu’il souhaitait initialement.

Cela vous permettra de rester en contrôle et surtout en gestion des prises de contact que vous aurez avec les chiens présents et cela sera bien plus agréable pour vous.

Comment gérer un conflit entre chiens ?

Nous l’avons vu, tous les éléments précédemment développés vous permettront de favoriser une bonne cohabitation entre les chiens présents. Toutefois, nous ne sommes jamais à l’abri d’un conflit, ne serait-ce que pour une raison futile (d’un point de vue humain).

Sachez que des chiens qui en viennent à se battre (réellement, pas juste se grogner dessus) le font parce qu’ils ont atteint un niveau de tension émotionnelle inouïe. Clairement, un chien fera toujours tout ce qu’il peut pour éviter le conflit, toutefois, il peut arriver que cela éclate : soit parce que tous les chiens n’ont pas suffisamment de bons codes canins, soit parce qu’il y a un conflit de « hiérarchie » où plusieurs mâles par exemple n’arrivent pas à trouver leur place au sein du groupe, soit parce que l’intervention humaine aggrave davantage la situation, etc.

Pour gérer le conflit, voici les étapes clés :

  • Tout d’abord attendez un peu, parfois ce n’est pas vraiment une bagarre, c’est davantage une remise en place qui se stoppe d’elle même après quelques secondes.
  • Surtout, si ce sont simplement des grognements, laissez les chiens communiquer entre eux ! Interdire ou sanctionner un grognement, c’est pousser le chien à ne plus prévenir et attaquer directement.
  • S’il y a bagarre, pour les séparer, attrapez les pattes arrières du chien qui mord pour le déstabiliser.
  • Si cela ne fonctionne pas, n’hésitez pas à faire un bruit que les chiens ne connaissent pas pour réussir à les surprendre et donc les interrompre.
  • Surtout, ne vous énervez pas pour ne pas conforter les chiens dans leur état d’esprit mais ne soyez pas non plus « piou piou les petits oiseaux » : soyez ferme et sûr de vous !
  • Attention, parfois dans le feu de l’action, on a tendance à mettre nos mains près ou voire dans la gueule du chien qui mord, pour le faire lâcher : cela est un réflexe (donc par définition difficilement contrôlable) mais soyez vigilant car le chien ne fera pas forcément la différence entre votre main et la peau du chien.
  • Certaines personnes utilisent un seau d’eau mais … faut-il encore que la bagarre se manifeste à l’extérieur (à moins que vous vouliez faire activité piscine dans votre salon), et faut-il encore qu’on ait un seau d’eau sous la main… Je ne conseille donc pas nécessairement cette option systématiquement car cela dépendra beaucoup de l’environnement dans lequel se déclare le conflit.
  • Une fois les deux (ou plusieurs) chiens séparés, n’hésitez pas à aller les dépenser individuellement pour qu’ils déchargent leur trop plein d’énergie et leur montée en pression.
  • Toutefois, ne restez pas sur cet échec. Pour les prochaines rencontres, muselez les chiens en question pour qu’il n’y ait pas de conséquences « médicales » à un éventuel conflit (tout en ayant associé en amont la muselière à quelque chose de positif bien entendu).
  • Re-proposez des rencontres sécurisées (muselières), contrôlées (avec renforcement de l’obéissance) et surtout en ayant une meilleure attitude, plus adaptée, et en prenant en compte tous les facteurs éventuellement déclencheurs d’un conflit entre deux ou plusieurs chiens.

Néanmoins, puisque la prévention reste la meilleure des solutions, pour éviter le conflit entre les chiens présents sous un même toit, respectez et appliquez tous les éléments évoqués précédemment.

Enfin, n’hésitez pas à faire appel à un éducateur canin professionnel qui viendra directement chez vous pour vous donner tous les conseils adaptés à votre environnement, votre attitude et les chiens concernés si besoin.




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