Votre chien est en surpoids ? Comment lui concocter son propre programme minceur ? On vous dit tout sur la façon de faire perdre du poids à votre chien, tout en préservant son bien-être.

Mon chien a t-il besoin de perdre du poids ?

Chez le chien, il n’existe pas dindice de masse corporelle, comme chez l’Homme, pour déterminer si son animal est en surpoids ou en état d’obésité. En revanche, on estime qu’un chien est en surpoids dès qu’il dépasse de 15% son poids optimal et qu’il est obèse lorsqu’il atteint ou dépasse les 20% de son poids optimal.

Par exemple : un Labrador dont le poids optimal est de 30kg est considéré en surpoids lorsqu’il atteint les 34,5 kg et comme obèse lorsqu’il atteint les 36kg.

Plus simplement, on peut apprécier la corpulence d’un chien grâce à l’observation de sa silhouette vue de profil et de dessus et sur la palpation du corps de l’animal. Les vétérinaires eux-mêmes utilisent d’ailleurs aussi ces repères dans une grille de notation à 5 échelons pour établir la note d’état corporel d’un animal.

Ainsi, d’après cette grille, chez un chien dont le poids est optimal, on voit, lorsqu’on le regarde de dessus, sa taille s’affiner légèrement en arrière des côtes. De profil, on observe une dépression abdominale nette. Les os ne sont pas visibles à distance à l’exception des côtes flottantes chez les chiens à poil ras. Lorsque l’on palpe l’animal avec les mains à plat et sans appuyer, on doit sentir ses os sous une fine couche de tissu graisseux et être capable de compter ses côtes avec les doigts sans exercer de pression.

Chez un animal en surpoids, les côtes ne sont plus facilement palpables ni dénombrables sans exercer de pression avec les doigts. La taille et le pli abdominal ne sont que peu ou pas visibles mais on peut observer en revanche de la graisse sur le ventre de l’animal.

Chez un animal obèse, les côtes ne sont plus palpables du tout même en appuyant avec les doigts et la graisse modifie profondément la silhouette de l’animal chez qui on ne voit plus du tout la taille ni le pli abdominal. On dit généralement que la silhouette d’un animal obèse peut s’inscrire dans un rectangle imaginaire.

Le surpoids et l’obésité chez le chien ont sensiblement les mêmes conséquences que chez nous, les Humains : il prédispose notamment aux maladies cardiorespiratoires, aux infections et aux troubles endocriniens et réduit l’espérance de vie de l’animal d’environ 20%. Le surpoids affecte également le bien-être du chien au quotidien : un chien en surpoids aura davantage de mal à se mouvoir et sera essoufflé au moindre effort. De même, les articulations de ses pattes, davantage sollicitées, s’en trouveront fragilisées !

Heureusement, un amaigrissement permet de faire diminuer tous ces risques !

Comprendre comment et pourquoi mon chien a grossi…

En effet : dans la grande majorité des cas, le surpoids ou l’obésité du chien résulte d’une période où les apports énergétiques ont été supérieurs aux dépenses de l’animal. L’excédent de calories consommées par rapport aux besoins ont alors été stockées sous forme de graisse superflue à l’origine de l’embonpoint de l’animal.

Il y a deux raisons qui peuvent expliquer ce déséquilibre entre apports et dépenses :

  • les apports énergétiques du chien ont augmenté. C’est le cas si le chien est trop nourri par rapport à ses besoins réels : aliments trop riches en calories, croquettes en « libre-service », mauvais calcul des quantités de croquettes à donner à son chien entraînant des rations trop « généreuses », distribution de trop grandes quantités de friandises en dehors des repas…
  • et/ou ses dépenses énergétiques ont diminué. Cela peut être le cas si le métabolisme de base nécessaire à votre chien pour effectuer ses fonctions vitales a baissé à la suite de sa stérilisation ou si son activité physique a diminué (moins de promenades, mise à la « retraite » d’un chien de chasse etc.)

Avant même d’envisager de mettre votre chien au régime, il est donc important de prendre conscience des raisons qui ont amené votre animal à prendre du poids. Comme vous l’aurez compris, il s’agit bien souvent d’erreurs nutritionnelles que vous, son maître, avez commises…en pensant bien faire. Certes, ce n’est pas agréable à lire mais cette prise de conscience est nécessaire et importante pour ne plus réitérer ces erreurs et mener à bien la perte de poids de votre animal.

Comment faire maigrir mon chien ?

Pour que votre chien perde du poids, il faut combiner une baisse de l’apport calorique apporté par la nourriture avec une hausse des dépenses énergétiques grâce à davantage d’exercice physique.

Faire baisser les apports caloriques de son chien

La baisse de l’apport calorique doit suivre certaines règles. En effet, il ne suffit pas de baisser arbitrairement la quantité de nourriture distribuée à votre chien sous peine de l’affamer, voire de ne plus couvrir suffisamment ses besoins nutritionnels (notamment en protéines) et de le carencer.

Pour faire baisser les apports caloriques de son chien dans le cadre de sa perte de poids, la méthode à suivre est un peu plus structurée. Elle demande à faire appel à un vétérinaire car elle consiste à :

  • Déterminer le poids optimal de votre chien, c’est-à-dire le poids que votre animal devrait atteindre à l’issue de son rééquilibrage alimentaire. Il s’agit d’un poids propre à chaque chien : pas forcément le poids idéal du chien en fonction du standard de sa race mais a minima d’un poids de forme situé en deçà de la barre des 15% de surpoids,
  • Calculer le besoin énergétique d’entretien de votre chien en fonction du poids optimal de votre chien défini précédemment. Ce besoin dépend également d’autres facteurs comme sa sédentarité, sa stérilisation et sa race,
  • Calculer le nouveau besoin énergétique du chien pendant sa période d’amaigrissement. Ce nouveau besoin représente en général 80% du besoin énergétique d’entretien de l’animal précédemment calculé,
  • Choisir le type d’alimentation qui permettra de couvrir le nouveau besoin énergétique réduit du chien pendant sa période d’amaigrissement sans l’exposer à des carences, notamment en protéines. Pour les chiens nourris avec des croquettes, le choix se portera donc le plus souvent sur des aliments hypocaloriques mais hyperprotéinés et riches en acides gras oméga 3 (pour aider à lutter contre l’état inflammatoire chronique induit par un surpoids ou une obésité).
  • Calculer la quantité journalière du nouvel aliment à donner au chien.

Bien évidemment, la baisse des apports caloriques doit s’accompagner de la suppression de tous les « à-côtés ». Entendez par là les petites récompenses de type biscuits, os à mâcher… : en somme, toutes les friandises distribuées au chien en dehors de ses principaux repas. Si votre chien ne peut pas s’en passer (ou que vous ne pouvez vous en passez de lui en donner ! ), tenez-en compte en réduisant la quantité d’aliments en fonction du nombre de friandises reçues lors du repas suivant ou remplacez les biscuits par des friandises light (comme des petits bâtonnets de carottes) ou du blanc de poulet cuit (sans peau), peu caloriques et très apprécié de nos poilus.

Augmenter les dépenses énergétiques de son chien

Plus simple que la baisse des apports calorique, la hausse des dépenses énergétiques consiste simplement à augmenter l’activité physique de votre chien. Cela peut passer par une augmentation de la fréquence et de la longueur des promenades (si possible, sans laisse pour que le chien puisse bien courir), davantage de séances de jeux à la maison ou en plein air, la pratique d’un sport canin…

Si votre chien est en surpoids et qu’il est gêné par son embonpoint, il faudra cependant que vous veilliez à lui faire reprendre l’exercice de façon très progressive, par des séances courtes et peu intenses au début. De même, évitez les exercices trop intenses chez les chiens au “museau écrasé” afin de ne pas les placer en situation de détresse respiratoire.

Lutter contre les fringales de votre chien

Un nouveau régime alimentaire pauvre en calories peut exposer le chien a des fringales. Pour aider votre animal à ne pas avoir trop faim pendant sa période de régime, il est possible de :

  • fractionner sa quantité d’aliments en 3 repas par jour au lieu de 2 ou d’un seul,
  • compléter sa gamelle de croquettes par des légumes cuits à la vapeur dont la teneur en fibres favorisera la satiété. Si votre chien n’en n’a pas l’habitude, introduisez-les très progressivement dans sa gamelle pour ne pas provoquer de désordres intestinaux.

S’armer de patience

La perte de poids chez un chien est un processus long, qui s’étale sur plusieurs mois et dont les résultats ne sont pas très visibles au départ. Cela peut être d’autant plus long chez les animaux obèses chez lesquels l’exercice physique est plus difficile et le métabolisme de base réduit. Il faut donc s’armer de patience et respectez scrupuleusement le programme “régime alimentaire + exercice” de votre animal, établi avec votre vétérinaire. Comptez en moyenne 4 à 5 mois pour une perte de poids de l’ordre de 15%.

Le mieux, pendant sa phase de perte de poids, est de faire suivre votre chien tous les mois par son vétérinaire. Le professionnel de santé vous aidera à rester motivé et pourra pratiquer des ajustements s’il estime que la perte de poids est trop ou pas assez rapide. A l’issue du régime de votre chien, il vous prodiguera également de précieux conseils pour éviter que l’animal ne reprenne du poids.



toutoupourlechien.com

Par Guylaine VANDEKERKHOVE

Co-fondatrice de toutoupourlechien.com et rédactrice santé & alimentation