La transfusion sanguine chez le chien

La transfusion de sang chez le chien
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En quoi consiste une transfusion sanguine chez le chien ? Comment se déroule-t-elle ? Dans quels cas cette transfusion est-elle nécessaire ? On vous dit tout sur cet acte vétérinaire qui sauve des vies canines…

En quoi consiste une transfusion chez le chien ?

Chez le chien, la transfusion sanguine peut consister en l’injection :

  • de sang total frais ou congelé,
  • d’une partie des constituants du sang comme du plasma ou des globules rouges uniquement.

Dans quels cas un chien peut-il être transfusé ?

Chez les chiens, la principale indication d’une transfusion sanguine est l’anémie, c’est-à-dire un manque de globules rouges dans le sang. Cette anémie peut survenir à la suite :

  • d’une hémorragie, c’est-à-dire une fuite de sang de l’organisme provoquée par d’un traumatisme, une chirurgie, ou un trouble de la coagulation sanguine elle-même liée à une coagulation intra-vasculaire disséminée ou à une intoxication par des anti-coagulants,
  • d’une destruction des globules rouges (on parle alors d’anémie hémolytique). Ce type d’anémie peut survenir en cas d’intoxication (aux oignons en particulier), de maladies infectieuses (piroplasmose, leptospirose, ehrlichiose, dirofilariose…), de cancer ou de dysfonctionnement du système immunitaire,
  • un défaut de fabrication des globules rouges qui peut intervenir notamment lors de trouble médullaire (touchant à la moelle osseuse), d’affections systémiques (insuffisance rénale, entre autres) ou de carences nutritionnelles.

De façon plus générale, une transfusion peut être pratiquée chez le chien en cas de déficit d’un autre constituant du sang et notamment lors du déficit en facteur de coagulation à l’origine d’une coagulopathie du chien.

Les étapes de la transfusion sanguine chez le chien

De la sélection du donneur à l’injection au chien receveur, une transfusion sanguine chez le chien se déroule en  plusieurs étapes.

Le choix du chien donneur

Le donneur doit être un chien de plus de 30kg, sain, en bonne santé, adulte mais suffisamment jeune (généralement entre 2 et 8 ans) correctement vacciné, vermifugé et traité contre les parasites externes. Son sang est au préalable prélevé pour être analysé et typé. Bien souvent, les vétérinaires disposent d’une liste de chiens appartenant à différents groupes sanguins et dont les propriétaires ont donné leur accord pour que le sang de leur chien soit prélevé en urgence, selon les besoins. Cela pose souvent le problème de la disponibilité immédiate du sang.

En effet, il n’existe pas réellement de banque de sang pour les chiens au niveau national en France qui organise et centralise les dons de sang. Certaines cliniques vétérinaires françaises ont cependant pris l’initiative d’en créer localement.

Le sang du donneur est prélevé au niveau de la veine jugulaire ou au niveau d’une veine du membre antérieur puis collecté dans une poche spéciale prévu à cet effet et contenant un anticoagulant. Le sang est ensuite réfrigéré et conservé quelques jours ou directement utilisé.

Les groupes sanguins du chien et les tests de compatibilité

Il existe 8 groupes sanguins répertoriés chez le chien selon le système DEA (dog erythrocyte antigen) : les groupes 1.1, 1.2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8.

Les sangs des groupes 1.1, 1.2 et 7 doivent être donnés aux chiens receveurs de groupes compatibles. On peut considérer les sangs des groupes 3, 4, 5, 6 et 8 comme donneurs universels. Ils sont en revanche très rares au sein de la population canine. Il est donc nécessaire pour le vétérinaire d’identifier le groupe sanguin du chien receveur afin de limiter le risque d’accident transfusionnel.

Bon à savoir

Dans les situations d’urgence, le groupage du receveur n’est pas toujours réalisé car les réactions sont rares chez les chiens transfusés pour la première fois.

Et, dans la pratique courante, seul le groupe DEA 1.1 peut poser des problèmes lors des transfusions car il est fortement immunogène. C’est d’ailleurs généralement le seul groupe pour lequel le sang est testé.  On dit alors que le chien est « DEA 1.1 + » s’il posséde les antigènes DEA 1.1 sur ses globules rouges ou « DEA 1.1 - », s’il ne posséde pas les antigènes DEA 1.1. Environ 1/3 des chiens sont DEA 1.1 + et 2/3 sont DEA 1.1 -.

Avant de transfuser le sang au receveur et si son groupe sanguin n’est pas connu, le vétérinaire procède généralement à des tests de compatibilité entre le sang du donneur et du receveur. On appelle ces tests les crossmatchings (ou cross match). Consistant à mélanger le sang du donneur à celui du receveur, ces tests permettent de mettre en évidence la présence d’anticorps incompatibles dans le sang du donneur et du receveur. La présence de ces anticorps pourrait être à l’origine d’une réaction transfusionnelle grave chez le receveur, provoquant une destruction massive de ses globules rouges sanguins. Le test du crossmatching doit être répété avant chaque transfusion sanguine et cela, même si le sang d’un même donneur est utilisé à nouveau.

Le déroulement de la transfusion sanguine chez le chien

La poche de sang à transfuser est tiédie pour être amenée à la température ambiante ou se rapprocher de la température interne du chien. Le sang est ensuite injecté lentement via une perfusion dans une veine d’une patte ou dans la veine jugulaire du chien.

Le chien est ensuite gardé en observation à la clinique après la transfusion afin de mettre en place un traitement adapté en cas de réaction transfusionnelle.

La transfusion sanguine du chien, un acte à risques

Bien que la transfusion sanguine soit un acte vétérinaire de plus en plus pratiqué, elle n’en reste pas moins un acte à risque car elle peut être à l’origine de réactions assez graves chez le chien.

On connaît deux types de réactions transfusionnelles :

  • la réaction transfusionnelle immédiate

Ce type de réaction est liée à la présence, chez le chien receveur, d’anticorps dirigées contre les globules rouges du sang du chien donneur. Elle peut se traduire par une hémolyse, c’est-à-dire une destruction des globules rouges du chien transfusé, de la fièvre ou bien encore une réaction allergique.

  • la réaction transfusionnelle retardée

Ce type de réaction survient lorsque l’organisme du chien a déjà été sensibilisé à un antigène. En d’autres termes, lorsque le chien a déjà été transfusé par le passé.

Cependant, le rapport bénéfice-risque est toujours apprécié par le vétérinaire lorsqu’il prend la décision de transfuser un chien. En plus, des tests de compatibilité sont effectués pour minimiser ce risque et le chien est gardé en observation pour réagir immédiatement s’il présente des signes de réaction transfusionnelle.




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