
Selon The Guardian, les appels liés au cannabis, à la cocaïne, aux champignons hallucinogènes et à la nicotine ont bondi de 42 % en 2025.
Les chiens, grands gourmands au flair curieux, sont les premières victimes. Ils avalent des aliments abandonnés contenant des stupéfiants ou des vomissures et des excréments de consommateurs.
Ce qui se passe au Royaume-Uni
Le centre antipoison vétérinaire britannique gère deux lignes d'urgence, l'une destinée aux vétérinaires, l'autre aux propriétaires.
L'année dernière, il a enregistré 633 appels pour des intoxications aux drogues récréatives et à la nicotine, soit une hausse de 42 % par rapport à l'année précédente.
Les appels concernent surtout la nicotine et le cannabis, selon les données partagées avec The Guardian par le Dr Nicola Robinson, responsable du service d'information vétérinaire du centre. Les propriétaires rapportent que leurs chiens trouvent et mangent des vomissures ou des excréments de consommateurs, ou des aliments abandonnés contenant des drogues, souvent dans les allées, les parcs ou les bois.
L'assureur canin Waggel confirme une hausse des demandes de remboursement liées au cannabis. Selon Aimee Warner, vétérinaire chez Waggel, les races très motivées par la nourriture, comme les labradors, les golden retrievers et les beagles, sont les plus à risque.
Quels signes doivent alerter ?
En France, le CAPAE-Ouest (Centre antipoison animal et environnemental de l'Ouest) décrit les symptômes de l'intoxication au cannabis, la drogue récréative la plus fréquemment ingérée par les chiens. Selon le centre, l'intoxication se manifeste par des vomissements, de la salivation, une dilatation des pupilles, et une alternance de phases d'abattement et d'excitation.
Pendant les phases d'excitation, l'animal est désorienté, a des troubles de la démarche, peut avoir des hallucinations et aboyer sans raison. Le centre ajoute que ce changement de comportement peut s'accompagner d'agressivité, même chez un animal très doux d'habitude. Les symptômes débutent dans les trois premières heures après la prise.
À forte dose, le coma puis la mort de l'animal sont possibles. Il n'existe pas d'antidote mais le vétérinaire peut mettre en place un traitement symptomatique qui permet généralement le rétablissement sans séquelles, précise le CAPAE-Ouest.
L'intoxication se fait principalement par l'ingestion de joints, de mégots, de résine de cannabis ou de gâteaux contenant du cannabis, explique le centre.
Les bons réflexes
Si vous pensez que votre chien a avalé une substance dangereuse en promenade, le premier geste est de contacter un vétérinaire ou un centre antipoison.
Comme le rappelle le Cabinet vétérinaire du Vieux Nice, mieux vaut ne pas faire vomir l'animal sans avis vétérinaire car cela peut aggraver la situation pour certains produits.
Le CNITV et le CAPAE-Ouest sont les deux centres antipoison vétérinaires français. Selon la page officielle du CNITV, sa plateforme téléphonique « est ouverte 7j/7 de 8h30 à 0h00 » au 04 78 87 10 40. Le CAPAE-Ouest est joignable au 02 40 68 77 40 de 8h30 à 24h.
Si un reste du produit est encore visible dans la gueule de votre chien, retirez-le en veillant à ne pas vous faire mordre, conseille le centre hospitalier vétérinaire Frégis.
En attendant l'avis d'un professionnel, notez ce que votre chien a pu avaler si vous le savez et observez son comportement pour décrire les symptômes au vétérinaire.
Et en France ?
Le CAPAE-Ouest confirme que l'intoxication au cannabis est de plus en plus fréquente chez les animaux de compagnie en France.
Le phénomène observé au Royaume-Uni pourrait donc concerner aussi les propriétaires français, d'autant que les chiens trouvent ces substances dans les mêmes types d'endroits : parcs, bois, ruelles. Tenir son chien en laisse dans les zones où des détritus traînent et surveiller ce qu'il renifle peut limiter les risques.
Pour en savoir plus, consultez notre article Mon chien a mangé du cannabis et notre article Mon chien s'est fait empoisonner : que faire ?
La lettre du dimanche : l'essentiel de la semaine pour votre chien (actualités, alertes santé, rappels de produits). Un e-mail par semaine, pas plus.








